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Non à la stigmatisation et oui à l’amour sans limites : la transfiguration de Jésus comme appel au dépassement de soi

Notre réflexion pour le deuxième semaine de Carême vient du Père Jacquineau Azetsop SJ du Cameroun. Il réfléchit sur la deuxième lecture (2 Tm 1, 8b-10) et l’Évangile (Mt 17, 1-9) du deuxième Dimanche de Carême, le 16 mars.

Timothée était le représentant de Paul à Éphèse. C’était un jeune homme dont la santé était assez fragile. Il était très fervent et apostolique mais un peu timide à cause de son jeune âge. En tant que leader de la communauté chrétienne d’Éphèse, il faisait face à des problèmes difficiles : il devait lutter contre les prêcheurs juifs qui voulaient mélanger foi et considérations cabalistiques de la Loi ou traditions juives. Paul encourage Timothée à proclamer l’Évangile avec fermeté malgré les souffrances et les défis, soutenu par la grâce de Dieu qui est devenue manifeste dans le Christ ressuscité.

Où Paul a-t-il trouvé le charisme pour encourager son disciple de cette façon ? Peut-être de son éducation. Mais ce qui est sûr, c’est que la vie de Paul a changé radicalement quand il a rencontré le Seigneur ressuscité sur son chemin pour Damas. Il tient sa foi et son ardeur apostolique de cette rencontre fondamentale avec le Christ. L’expérience de Damas a transfiguré Saul en Paul, il est devenu une personne nouvelle, capable d’un amour surnaturel qui naît de la grâce que chaque chrétien reçoit quand il entre dans la famille chrétienne. En conséquence, il n’y a ni gentils ni juifs, ni circoncis ni non circoncis, ni personnes séropositives ni personnes séronégatives, nous appartenons tous au Christ. Le Paul transfiguré a été capable de voir le faible, jeune et timide Timothée comme le frère aimé dans le Christ, de le traiter avec amour et profond respect. Paul a accepté les faiblesses de Timothée et l’a soutenu dans son ministère comme chef de la communauté chrétienne à Éphèse. Dans une communauté d’amour, les membres faibles attendent quelque chose de nous, ils devraient faire l’objet de notre attention. Paul constitue un exemple de cette attention.

L’Évangile parle de la transfiguration de Jésus. Nous sommes au sixième jour de la Fête des Tabernacles, une grande manifestation populaire pendant laquelle l’attente du Messie est à son apogée. Autour du Temple de Jérusalem, les personnes construisent des abris où s’installer. Mais Jésus s’éloigne de la foule et va vivre cette fête à sa façon, dans un lieu solitaire. Néanmoins, il est le Messie attendu, comme en témoigne l’apparition de Moïse et d’Élie à ses côtés. Il est le messager de Dieu, la gloire de Dieu le recouvre, et le Père le reconnait comme son Fils bien-aimé. C’est donc dans l’espoir messianique que Pierre suggère de construire trois abris. Toutefois, Pierre doit apprendre que le Messie doit beaucoup souffrir et qu’il doit être mis à mort. Ce n’est qu’après la résurrection de Jésus que le pouvoir de son amour salvifique apparaitra avec toute sa force.

Tout comme Saul s’est transfiguré en Paul, Jésus de Nazareth est transfiguré dans le Christ cosmique. La transfiguration de Jésus est notre propre transfiguration en ce que nous sommes en fin de compte appelés à devenir, si nous le suivons sur le chemin vers Jérusalem comme Bartimée et Paul l’ont fait. Nous embrasserons alors les valeurs surnaturelles, tout comme Paul, valeurs qui nous permettent de voir les autres différemment. Les jugements faux et les sous-entendus ne peuvent plus faire partie de l’ensemble de nos valeurs. Cela n’a pas d’importance si une personne est « vertueuse » ou non ; ce qui compte, c’est le partage de l’amour du Christ avec elle.

La transfiguration du Christ en fin de compte nous met au défi, en tant que chrétiens, de changer notre façon de regarder les autres. Très souvent les personnes vivant avec le SIDA sont stigmatisées. Une attitude qui stigmatise porte à une division entre le bien et le mal, entre « nous et eux », en un temps où nous devons unir nos forces pour combattre une pandémie qui a provoqué d’innombrables morts. Nous devrions façonner notre manière de regarder les autres sur le modèle de Paul qui regarde Timothée comme un frère bien-aimé dans le Christ. Avec un tel amour, le jugement moraliste qui tend à attribuer la responsabilité de l’infection au mauvais comportement individuel apparait gratuit et inutile. Ce qui importe, c’est l’expression de l’amour que les personnes vivant avec le VIH méritent en tant qu’individus créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Toutefois, pour être capables d’un amour authentique, nous devons nous libérer des préjudices. La transfiguration de l’homme de Nazareth est un appel au dépassement de soi, un appel à dépasser le moralisme pour voir la manifestation de la gloire de Dieu dans la vie de chaque personne que je rencontre sur mon chemin, quel que soit son statut sérologique.

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