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« Quiconque aime… connaît Dieu »

Notre réflexion pour la première semaine de Carême est écrit par Danielle Vella, AJAN

« Aimons nous les uns les autres; car l’amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. » 1 Jean 4 :7-8

« Quiconque aime… connaît Dieu. » Voici le thème principal des réflexions du Carême 2014 du Réseau Jésuite Africain contre le SIDA (AJAN) et qui résume l’essence du message de Jésus.

Il y a plusieurs années, j’ai rencontré Pierre Ceyrac SJ, cet inspirant Jésuite français qui vécu sa vie comme compagnon des pauvres en Inde, un pionnier du Service Jésuite des Réfugiés dans les camps de la frontière Thaï dans les années 80. Je me souviens de Pierre répétant passionnément cette vérité : « Seulement l’amour est important – Dieu se fiche du reste ! »

Ceci alors, est notre défi – aimer. Et si nous voulons vivre tel que Jésus, alors notre amour devrait favoriser les pauvres et les plus marginalisés d’entre nous, parce que c’était pour eux qu’il a eu cet amour spécial pendant toute sa vie.

Nous avons tous rencontrés des gens qui connaissaient bien Dieu, qui attiraient les autres comme des aimants grâce à leur amour et leur service pleins de compassion. Un autre événement qui est resté dans ma mémoire est une visite dans un des projets de soins à domicile en Zambie. Les aides soignants expliquèrent que ce qui les avait poussé à faire du volontariat pour aider les personnes vivant avec le VIH dans ces jours sombres et pas si lointains où le SIDA signifiait une mort sûre.

L’un d’entre eux, Doubt, explique : « Je me suis portée volontaire pour devenir aide soignant quand des personnes ont commencé à mourir du SIDA. Au début, j’étais de ceux qui s’échappaient. Je suis venue ici, à la paroisse pour un atelier, et j’ai appris que l’on attrapait pas le VIH juste en touchant quelqu’un qui l’avait ou en partageant une cuillère. Alors j’ai compris. » Un autre soignant, Mwando déclare : « Nous vont commencé à faire du volontariat pour aider afin que les gens vivent une vie meilleure. Nous sommes le peuple de Dieu et quand d’autres souffrent, nous ne pouvons pas juste regarder et ne rien faire. »

Ces soignants vivent eux-mêmes dans la pauvreté et luttent tous les jours pour s’en sortir et prendre soin de leur famille.

Florence, une femme kényane vivant avec le VIH nous dit que l’Église est un endroit de refuge instinctif. Elle a expliqué aux invités du lancement d’un livre AJAN en fin d’année dernière : « Le premier endroit où nous nous sommes rendus était l’Église parce que elle est source de soins, un endroit où nous pouvons aller sans être jugés ou stigmatisés. C’est un endroit où tout est réel, parce que nous sommes tous humains, est c’est la chose la plus importante. »

Avec autant d’amour, les personnes vivant avec le VIH qui ont perdu espoir et santé, peuvent retrouver la joie de vivre. Mais parfois il semble que l’amour ne suffit pas. Dans le dernier numéro d’AJANews, le directeur d’AJAN, Paterne Mombé SJ a partagé l’histoire de son ami Bernard, un homme du Togo d’une quarantaine d’années, qui est décédé de problèmes de cœur parce qu’il ne pouvait se permettre le traitement. Bernard appartenait à une petite association de gens qui vivent avec le VIH ; ils fabriquaient des savons pour les vendre afin de subvenir aux besoins quotidiens. Mais leur amour et leurs économies, et leurs efforts pour trouver de l’argent au dernier jour de la vie de Bernard, n’ont pas été suffisants. Alors il est décédé, laissant quatre orphelins ; sa femme était décédée du SIDA quelques années plus tôt.

Cette tragédie n’est pas une exception. D’innombrables pauvres gens en Afrique et d’autres pays en voie de développement meurent parce qu’ils n’ont pas accès à des traitements qui sont facilement disponibles et abordables pour des gens plus aisés dans leur propre pays et dans des parties plus riches dans le monde.

Au Carême, quand nous sommes appelés à nous tourner vers Dieu, afin de voir où nous aurions pu aimer plus, la mort de Bernard me fait de la peine… parce qu’elle n’était pas nécessaire ; parce qu’il laisse quatre enfants privés d’un amour irremplaçable ; parce que le bien-être des personnes vivant avec le VIH, dans ces pays pauvres, reste tellement fragile, quelque chose qui peut leur être volé d’un jour à l’autre ; et parce que je me demande si j’avais pu faire quoique ce soit.

Je me demande. Si il y a quoique ce soit que nous puissions faire pour ces millions de personnes qui n’ont pas accès aux choses fondamentales dont ils ont besoin pour rester en vie ? Y a t il quoique ce soit que je puisse faire pour inclure toute l’humanité, particulièrement les personnes vivant dans la pauvreté ou les marginalisés, dans les privilèges dont je jouis ?

Suis-je coupable d’indifférence? Quand Pape François s’est rendu à Lampedusa (Italie) pour rencontrer les demandeurs d’asile venus d’Afrique, il a dit : « Beaucoup de nous, je m’y inclus aussi, nous sommes désorientés, nous se sommes plus attentifs au monde dans lequel nous vivons… » Il a lancé un défi très fort: « Aujourd’hui aussi cette question émerge avec force : qui est le responsable du sang de ces frères et sœurs ? Personne ! Tous nous répondons ainsi : ce n’est pas moi, moi je ne suis pas d’ici, ce sont d’autres, certainement pas moi. Mais Dieu demande à chacun de nous : Où est le sang de ton frère qui crie vers moi ? Aujourd’hui personne dans le monde ne se sent responsable de cela ; nous avons perdu le sens de la responsabilité fraternelle. »

Le premier pas pour s’éloigner de « l’indifférence globale » soulignée par le Pape est d’être constamment informé de la réalité de la douleur évitable dans le monde, née de l’injustice et de l’inégalité. Une fois que je sais, je peux agir, ensemble avec d’autres, afin de faire ma part de plaidoyer pour un monde meilleur. Et aussi je peux aider des individus comme les quatre enfants de Bernard.

Ce n’est pas facile de croire que nous pouvons faire la différence sur des réalités difficiles et lointaines, que nos actions peuvent faire une réelle différence dans la vie des gens vivant dans la pauvreté. Le célèbre talisman de Mahatma Gandhi met nos doutes en perspective, englobant cette réflexion interne à laquelle nous sommes appelés au Carême : « Dans un moment de doute, faites le test suivant. Rappelez vous du visage de la personne la plus pauvre et la plus faible que vous ayez jamais rencontrée, et demandez vous, si la démarche que vous envisagez va être d’une quelconque utilité pour cette personne. Y gagnera-t-elle quelque chose? Le contrôle de sa propre vie et de sa destinée lui sera-t-il rendu? Autrement dit, cela conduira-t-il au swaraj (la liberté), les multitudes affamées de corps et d’esprits? Vous verrez alors vos doutes et votre moi se dissiper. »

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