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Regarder le monde et les autres autour de nous avec les yeux de Dieu

Le Père Bruce Botha SJ est un prêtre jésuite qui travaille à Soweto, en Afrique du Sud. Son engagement dans la pastorale du VIH a commencé alors qu’il était novice et qu’il travaillait dans un hôpital pour malades du SIDA ; il a continué en dirigeant un service de conseil périnatal sur le VIH à Soweto pendant sa régence et ensuite, en tant que prêtre nouvellement ordonné, en dirigeant un projet de recherche dans le centre sur la prévalence du VIH de Johannesburg parmi les sans-abri urbains.

 
« Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus des vôtres, et mes pensées, au-dessus de vos pensées. » Is 55, 8-9

Beaucoup de personnes, dans le secret de leurs cœurs, estiment parfois qu’une autre mérite l’infection parce qu’elles désapprouvent les choix ou les styles de vie de cette personne. Beaucoup ne gardent pas ces jugements secrets et n’ont pas honte de dire que telle ou telle personne a contracté le virus par sa faute et ainsi mérite maintenant de souffrir et de mourir. Peut-être avez-vous rencontré des personnes comme celles-là dans votre propre vie ? La lecture du prophète Isaïe nous incite à ouvrir les yeux et à regarder avec les yeux de Dieu. Plus encore, elle nous incite à aimer comme Dieu aime, et à agir comme Il voudrait nous voir agir.

Le « bon » chrétien fait souvent Dieu à son image en projetant sur Dieu son propre manque d’amour, de compassion et de pardon. Comme nous n’arrivons pas à regarder certaines des personnes infectées par le VIH avec amour, nous ne pouvons pas imaginer que Dieu les aime. Le manquement ne se trouve pas en Dieu mais dans notre propre manque d’imagination, notre propre insensibilité.

Quand le SIDA a commencé à attirer l’attention du monde, les personnes les plus affectées par la maladie étaient les hommes qui avaient des relations sexuelles avec d’autres hommes et les hémophiles. Ce n’était pas les églises qui visitaient ces hommes dans les hôpitaux et chez eux, ni les églises qui leur fournissaient vêtements et nourriture ou leur tenaient la main alors qu’ils étaient en train de mourir. Les gouvernements en général sont restés sans rien faire. C’était des membres de la communauté homosexuelle qui s’occupaient des malades et des mourants ostracisés. Qui alors selon vous était le prochain des personnes mourant du SIDA ?

Quand Jésus a raconté la parabole du Bon Samaritain, ceux qui l’écoutaient ont dû reconnaître à contrecœur que c’était les personnes méprisées et marginalisées par les autorités religieuses juives qui en fait mettaient en pratique mieux que n’importe qui d’autre le commandement de l’amour. C’était sa façon de faire ouvrir les yeux, et les cœurs, aux autorités religieuses de son époque, les faisant changer petit à petit pour qu’elles commencent à voir avec les yeux de Dieu.

Les personnes que Jésus fréquentait étaient vues d’un mauvais œil par les élites et les autorités religieuses. Il était constamment condamné parce qu’il fréquentait des collecteurs d’impôts et des pécheurs. Il a été condamné comme un criminel et il a connu une mort humiliante et honteuse. Les personnes comme il faut et pieuses de l’époque pensaient que c’était ce qu’il méritait, qu’il en était arrivé là à cause de son comportement outrageux. Si vous et moi avions été là, qu’aurions-nous pensé ? J’aimerais penser que nous aurions reconnu Jésus et que nous l’aurions aimé, mais peut-être nos yeux auraient-ils été aveuglés par nos idées préconçues, nos cœurs endurcis par notre attitude critique.

Le voyage à travers le Carême est l’occasion pour nous de prendre conscience que nous n’avons pas toujours regardé nos frères et nos sœurs à travers les yeux de Dieu, que nous n’avons pas été capables de voir Dieu en ceux que nous n’aimons pas ou que nous désapprouvons. Le Carême nous permet de voir juste un petit peu plus clairement et ensuite de commencer à aimer un petit peu mieux.

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