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Tanzanie: Investir dans les jeunes pour un futur meilleur

À Dodoma, une des villes principales de la Tanzanie, ce n’est pas seulement quelques jeunes qui sont issus de familles appauvries par le SIDA et qui prennent soin de parents affectés. Un sérieux manque d’opportunités pour les jeunes demandeurs d’emploi aggrave la pauvreté généralisée et pourrait accroître le risque de VIH pour les jeunes.

Il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que Boniface Okumu apprenne cela par des jeunes qui fréquentent le centre jésuite pour les jeunes, Kituo cha Vijana, à Dodoma. Boniface fait sa régence au centre – un placement qui fait partie de sa formation jésuite.

« Dès mes premiers mois ici, j’ai rencontré beaucoup de jeunes qui, par leur partage, m’ont fait prendre conscience des répercussions passées et présentes de l’épidémie du SIDA dans leur vie, » explique Boniface. « Certains ont des membres de leur famille, des amis et des voisins qui sont séropositifs et dont ils doivent s’occuper. »

Mais ce n’est pas ce qui l’a le plus frappé: « l’unité, l’ouverture et la volonté des jeunes à partager et leur détermination à s’aider les uns les autres, m’impressionnent. Je trouve que c’est un bon signe d’espoir que certains soient prêts à partager leurs histoires et expériences en ce qui concerne le SIDA. Je suis toujours encouragé par leur détermination à mener une vie moralement droite et sexuellement responsable malgré leurs défis quotidiens de la pauvreté et du chômage. »

Les jeunes viennent chaque jour au centre pour des cours d’informatique, des classes de couture, la bibliothèque des élèves de niveau secondaire et supérieur, et des terrains de sport. Quand un autre jeune jésuite, Ernesto Graciano du Mozambique, a visité le centre l’an dernier, il a été intrigué de voir les jeunes terminer un match de basket et ensuite s’asseoir en groupe pour discuter.

« Regarder cette dynamique a été une expérience enrichissante pour moi. Elizabeth, une des jeunes leaders, a expliqué que quand ils finissent leur activité sportive, ils se réunissent pour discuter d’un sujet de leur choix, y compris la violence sexuelle, comment lutter contre la pauvreté ou ce que cela signifie d’être un jeune au temps du VIH/SIDA, » a déclaré Ernesto. « Elizabeth expliqua que la plupart du jeunes partagent des expériences concrètes, comme s’occuper des gens dans leurs familles qui ont le SIDA et l’impact que cela a dans leur vie. »

Une autre chose que Ernesto a appris du groupe qu’il a rencontré ce jour-là était que « il y a un énorme besoin de tendre la main aux autres jeunes de la ville car beaucoup ne sont pas bien informés sur les questions liées au SIDA. »

Sentant l’envie ardente des jeunes gens à connaître et à faire plus, Boniface les invite à lire et à réfléchir dans la bibliothèque du centre sur la littérature sur le VIH et le SIDA. « Nous encourageons également ceux qui ont lu, à partager l’information avec les autres, » dit-il.

Boniface a également proposé une discussion formelle, plus précisément sur les « défis à respecter la morale dans notre société contemporaine ». Il a expliqué que « la réponse a été positive et nous avons discuté de beaucoup de choses, ce qui, je crois, a été bénéfique pour la trentaine de personnes qui ont assisté au groupe. »

Le lourd fardeau de la pauvreté aggravé par le SIDA a fait son apparition pendant la discussion. « Anne*, qui vit avec sa mère séropositive, a partagé avec nous comment sa vie est difficile. Elle a dit que sa mère doit lutter pour payer les frais de scolarité supérieure et pour s’occuper de ses autres enfants qui sont à l’école secondaire. Anne raconte que nombreuses sont les fois où elle a dû résister à la tentation d’entrer dans des relations avec des hommes plus âgés qui pourraient l’aider financièrement. Son expérience rappela aux autres le risque de contracter le VIH en raison des défis sociaux et économiques. »

Les participants de la discussion ont convenu que le plus gros problème auquel ils sont confrontés est le chômage. « Même les diplômés éprouvent des difficultés à trouver un emploi. Cet état de chômage, qui, dans la plupart des cas, conduit à la pauvreté et l’insécurité, est en effet une réalité inquiétante, » poursuivit Boniface.

Les jeunes ont beaucoup d’idées pour remédier à la situation, y compris l’apport de capitaux pour démarrer leur propre petite entreprise et la nécessité d’une plus grande sensibilisation sur la moralité, la sexualité et le SIDA.

Mais l’énergie et l’enthousiasme du groupe qui fréquente le centre est loin d’être limitée à leurs propres intérêts. Ils visitent les personnes atteintes du VIH qui ont besoin de soutien dans la Paroisse de l’Aéroport – qui est liée au centre – et essaient de les consoler. Ici aussi, le soutien économique reste un défi majeur.

Ernesto est revenu de sa rencontre exceptionnelle avec les jeunes, convaincu qu’ils représentent « un terrain fertile » pour toute initiative visant à encourager le développement de la jeunesse et la prévention du VIH à Dodoma et qu’ils méritent du soutien : « J’ai trouvé que les jeunes de la paroisse ont une initiative très riche et ils ont l’intention d’entretenir et d’éduquer d’autres jeunes à avoir un meilleur avenir ensemble. »

De cette interaction quotidienne avec les jeunes, Boniface est déterminé à faire tout son possible pour aider, malgré les limites posées par le manque de ressources. « En accompagnant les jeunes et être là pour écouter leurs histoires, j’ai réalisé tout ce que l’Église doit encore faire en termes d’éducation de développement humain », dit-il. « Il est vrai que nous ne sommes pas en mesure d’aider beaucoup ou faire beaucoup, mais je crois que le peu d’aide que nous apporterons, sera utile à beaucoup d’autres, et le peu que l’on maintenant donnera des résultats à l’avenir. »

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