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La victoire définitive c’est la victoire de l’amour


Notre réflexion pour la cinquième semaine du Carême (6 – 12 avril) est écrite par le Père Elphège Quenum SJ qui dirige le Centre de Recherche, d’Étude et de Créativité à Cotonou, Benin.

« Moi je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. »

(Jn 11:25-26)

L’évangile de ce cinquième dimanche du temps de carême (Jn 11:1-45) nous montre que Jésus a le pouvoir, au-delà de la maladie, sur la mort. Il a guéri les malades mais aujourd’hui il ressuscite les morts. Il redonne la vie aux morts et à l’humanité par pur amour. La foi en Lui procure une nouvelle vie et conduit à une vie qui n’a pas de fin.

En méditant cet évangile selon saint Jean, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Evelyne, cette dame qui est venue se confier à moi il y a cinq mois.

Elle était physiquement en bonne santé avec une corpulence qui ne laissait rien présager. Après le sacrement de réconciliation, elle me demande un rendez-vous pour un échange. C’est à cette rencontre que j’apprends qu’elle est séropositive. Elle a une fille séronégative. Son mari est décédé il y a deux ou trois ans. Selon elle son infection est plus récente mais elle n’arrive pas à l’expliquer. Elle n’a connu aucun homme après le décès de son mari. Tout récemment elle était en amitié avec un homme et avant l’évolution de leur relation elle a exigé le test de dépistage. C’est ce test, effectué à plusieurs endroits, qui lui a révélé son état. Elle est inconsolable car son ami séronégatif l’a abandonné et ne répond plus à ses appels. Ceux qui sont au courant de son état l’évitent. Sa plus grande question est la source de son infection. A la recherche de la guérison, elle est allée consulter des guérisseurs traditionnels « réputés pour la guérison des personnes séropositives ». Mais le miracle ne s’est pas produit. Finalement, elle se fait suivre par une ONG par laquelle elle reçoit quelques soins.

Plus que la présence du VIH dans son corps, Evelyne est rongée par l’isolement et la solitude dans laquelle elle se trouve plongée. Elle est à la recherche d’une guérison qui puisse la ramener à son état antérieur et à une vie normale, épanouie, sans crainte et sans le cauchemar du virus qui la détruit. Peut-elle écouter Jésus qui affirme que « cette maladie ne conduit pas à la mort » ? Peut-elle comprendre Jésus qui laisse son ami Lazare mourir de maladie et le ressuscite après ?

Si Jésus n’a pas guéri Lazare mais l’a ressuscité c’est pour orienter notre regard sur la nature de la vie qu’Il nous donne en surabondance, une vie éternelle qui ne se limite pas à la vie terrestre. C’est aussi pour nous inviter à prendre soin les uns des autres, à être les intermédiaires de son amour aux personnes secouées non seulement par la maladie mais aussi par l’abandon comme Evelyne. Aujourd’hui c’est par chacun d’entre nous, le bon samaritain que nous sommes appelés à être, que Jésus veut guérir le prochain non seulement d’un mal physique mais aussi d’un mal spirituel et relationnel. C’est à chacun d’entre nous, par nos soins et services, de montrer aux personnes comme Evelyne que Dieu les aime avec le virus et qu’Il leur promet une vie éternelle que le VIH/SIDA ne peut altérer.

Malgré l’évolution des informations sur le virus, la discrimination n’a pas disparu. Nous pouvons faire la différence en étant plus proches des personnes atteintes par le VIH par une simple attention, une simple écoute, une simple présence. Et c’est ainsi que nous accomplissons notre vocation chrétienne : « chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25:40). Comme le dit le pape François, dans son explication de l’évangile du premier dimanche de carême : « La victoire définitive c’est la victoire de l’amour. » Il s’agit de vivre l’amour en se faisant semble de l’autre, en abattant les murs et les distances, en partageant le sort de l’autre.

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