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Un espoir et une détermination, nés de la souffrance

Notre réflexion pour la cinquièmesemaine du Carême (22 mars) est écrite par Jenny Cafiso, directrice du Canadian Jesuits International (CJI). 

« Je mettrai ma loi au dedans d’eux, je l’écrirai dans leur cœur;
Et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. »
Jérémy 31 : 31-34
 
 « Maintenant mon âme est troublée. Et que dirais-je?
 Père, délivre-moi de cette heure?
Mais c’est pour cela que je suis venu jusqu’à cette heure. »
Jean 12 : 20-33

Alors que Jésus fait face à son destin imminent, Il se dit « troublé ». Pourtant malgré Ses craintes, Il sent qu’Il ne peut pas revenir en arrière, qu’Il doit accomplir le but de sa vie.

Comme je m’asseyais avec ces mots, le visage d’une jeune femme très peureuse, que j’ai rencontré en Inde il y a deux ans, vint à mon esprit. C’était dans une zone rurale dans le Madhya Pradesh. Quand nous sommes arrivés après quelques heures de route très cahoteuse, Sœur Jocelynne qui était aussi infirmière, m’expliqua qu’au cours de la nuit, elle avait aidé une femme à donner naissance à une petite fille. Elle me demanda si je voulais la voir.

Nous sommes entrés dans une chambre propre simple, très peu meublée, avec un sol en ciment, avec aucun des équipements auxquels vous vous attendez dans une salle d’accouchement. Il y avait dans le coin, dans la pénombre, un petit lit. Dedans était allongée une très jeune femme et à côté d’elle, un bébé de quelques heures enveloppé dans un linge. La grand-mère était assise au pied du petit lit. Il n’y avait personne d’autre. Tout était silencieux, j’ai éprouvé un sentiment de révérence.

Je m’émerveillais au miracle de ce nouveau et précieux bébé et puis j’ai demandé à la sœur de traduire pour moi mes bénédictions et bons souhaits à la mère. La grand-mère sourit, la mère était impassible. Il n’y n’avait aucune réponse.

Plus tard, j’ai dit à Sœur Jocelynne que la mère semblait triste. Elle m’a dit, qu’elle avait probablement peur.

Quand j’ai regardé autour de moi et que j’ai pensé à sa vie, ce fut sans surprise qu’elle avait peur. J’étais dans un des états les plus pauvres d’Inde, dans une zone rurale où les Jésuites dirigent une école et un dispensaire avec deux sœurs. Quand cette jeune femme a commencé avoir des contractions, elle a marché pendant des heures pour se rendre au dispensaire et accoucher. Imaginez la peur de ne pas savoir si elle y arriverait ? Que se serait-il passé si des complications étaient survenues ? L’hôpital le plus proche est à trois heures en voiture.

Dans quelques jours cette jeune femme allait rentrer à pied à son village, maintenant avec un bébé. Pourrait-elle subvenir aux besoins de cette petite fille ? Auraient-ils assez de nourriture ? Le bébé survivrait-il les premières années de sa vie ? Et si elle survivait, qu’elles étaient ses chances d’aller un jour à l’école, d’avoir une vie meilleure?

Comme beaucoup de mères dans de nombreuses régions du monde, cette mère avait raison d’avoir peur. En raison des injustices perpétrées contre la grande majorité de la population mondiale, de nombreux enfants qui sont nés dans la pauvreté devront faire face à certaines maladies, comme le SIDA, ou le virus Ebola ou la malaria, sans accès aux établissements médicaux ou l’éducation. Ils devront faire face à la stigmatisation et même la malnutrition ainsi que des déplacements forcés en raison de la guerre,. Leurs plus élémentaires droits ne seront pas respectés.

Beaucoup partagent la crainte qu’a éprouvée Jésus. Mais ils partagent aussi Son courage et Sa détermination à poursuivre l’objectif de leur vie. Quand j’ai demandé à un réfugié qui venait de tout perdre, comment il ne désespérait pas, il m’a répondu que c’est parce qu’ils ne sont jamais seuls : ils ont des familles auxquelles il faut subvenir, l’espoir d’une vie nouvelle à remplir.

Je sais que la jeune femme que j’ai rencontré, malgré sa peur, marchera toujours jusqu’à son village, travaillera dur pour que sa fille survive à la faim, la maladie et l’exploitation qui la menacent, et fera tout ce qui est en son pouvoir pour offrir sa petite fille une vie meilleure.

C’est un espoir et une détermination nés de la souffrance. C’est ici que la vision d’un avenir nouveau grandit et donne des fruits. C’est peut-être une partie du Pacte que nous lisons dans la première lecture, je serai leur Dieu et ils seront mon peuple – une alliance écrite sur leur cœur, de vivre et de donner vie au maximum.

C’est un Pacte que nous avons tous été appelés à faire, et que nous remplissons uniquement lorsque, malgré nos craintes, nous travaillons pour un monde plus juste, où la pauvreté et l’injustice n’existent plus.

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