Aujourd’hui, dimanche 1er décembre 2019, le monde commémore La Journée mondiale de lutte contre le Sida. C’est un jour pour montrer l’amour, pour réfléchir et pour s’engager encore plus vaillamment dans la lutte contre cette maladie destructrice. L’événement de cette année a pour thème « Les communautés font la différence ».

C’est un appel à la solidarité avec les personnes vivant avec le VIH et le sida dans le monde entier et au souvenir de celles que nous avons perdues à cause du sida. À travers les préférences apostoliques universelles 2020-2029 dévoilées en février 2019 par le Père Arturo Sosa, Supérieur général de la Compagnie de Jésus, les jésuites choisissent de défendre les pauvres et les vulnérables de notre époque, tels que les personnes affectées et infectées par le VIH et le sida. De cette manière, les jésuites et leurs collaborateurs du monde entier témoignent d’une préoccupation, d’un amour, d’un soutien et d’un
accompagnement sincères des personnes touchées par le VIH et le sida. En Afrique, la Compagnie de Jésus organise ses efforts contre cette condition humaine par le biais du Réseau africain jésuite contre le sida (AJAN).

Le programme de prévention du VIH et du sida d’AJAN étend ses activités dansles écoles et les centres sociaux avec la conviction que l’éducation et l’autonomisation de la jeune génération constituent des réponses importantesà l’infection par le VIH et un préalable à une vie digne et responsable.
Les efforts visant à freiner la propagation du VIH ont été considérables dans des domaines tels que la sensibilisation, le soutien psychosocial et les soins médicaux pour les personnes infectées et affectées. Malgré l’absence detraitement curatif ou de vaccin, des efforts considérables et des progrès satisfaisants dans la lutte contre la pandémie ont été accomplis au fil des ans.
La fiche d’information ONUSIDA 2019 fait état d’une baisse importante de la propagation du virus dans le monde. En 2004 (l’apogée de la pandémie),
environ 1,7 million de personnes ont succombé au sida, tandis qu’en 2018,
770 000 personnes sont décédées des suites de cette maladie. Les taux
d’infection ont également chuté, passant de leur valeur record de 2,9 millions
en 1997 à des niveaux actuels qui sont inférieurs de 40% à 1,7 million de
personnes en 2018. Il est à noter également qu’à partir de 2018, les nouvelles
infections chez les enfants ont considérablement diminué par rapport à leur
niveau de 2010 de 41%. Au total, il y a eu une réduction de 33% de la
mortalité par VIH et sida entre 2010 et 2018.

D’après les estimations de 2018, environ 37,9 millions de personnes vivant
avec le VIH (PVVIH) ont été identifiées dans le monde entier. Sur ce nombre,
8,1 millions ignorent leur statut. À la fin de juin 2019, environ 24,5 millions de
personnes avaient accès aux médicaments antirétroviraux (ARV). Bien que
ces chiffres semblent prometteurs, la crise n’est pas évitée en Afrique, 68%
des personnes infectées vivant encore en Afrique. Ainsi, 25,6 millions de
personnes en Afrique subsaharienne sont infectées par le virus VIH. Encore
plus troublants, 54% des PVVIH n’ont pas accès aux ARV. Compte tenu de
ces chiffres, il est indéniable que la pandémie n’a pas été endiguée en Afrique
subsaharienne.

Il est important que les gouvernements, les églises et les communautés
locales continuent d’être vigilants face à ces tendances persistantes afin
qu’une solution durable puisse être trouvée par un effort collectif. Les
chercheurs, les soignants, les communautés et les bailleurs de fonds sont
encouragés à ne pas relâcher car les personnes vulnérables ont plus que
jamais besoin de nous. Nourri de notre foi et invité par le père Arturo Sosa
la commémoration du 50e anniversaire du bureau jésuite pour la justice
sociale et l’écologie, qui a rassemblé plus de 200 jésuites et collaborateurs
laïcs du monde entier, prenons « des décisions audacieuses, intrépides et
risquées pour accompagner Jésus et son peuple vivant aux marges, aux
côtés des plus exclus, des pauvres et des plus vulnérables ». Notre conviction
religieuse doit donc nous inciter à accompagner les personnes sur la route et
à conjuguer nos efforts pour un monde meilleur et réconcilié.

En commémorant cette journée mondiale de la lutte contre le sida 2019 et en
nous rappelant la nécessité de collaborer, puissions-nous être guidés par des
exemples inspirants de saints comme Ignace de Loyola qui a passé sa vie
Rome, s’occupant des pauvres, des malades, des orphelins et des
prostituées tout en administrant la Compagnie de Jésus en tant que son
premier supérieur général; Louis de Gonzague décédé en prenant soin des
victimes de la lèpre; Anuarite Nengapeta qui a été tuée parce qu’elle
s’efforçait de préserver sa virginité en résistant au viol; et Pedro Arrupe qui,
touché par le drame des réfugiés fuyant leur patrie ravagée par la guerre, a
exhorté les jésuites à apporter au moins un soulagement à une situation aussi
tragique. Ses efforts ont abouti à la fondation du service jésuite pour les
réfugiés. Ils représentaient les personnes vulnérables et pauvres de leurs
sociétés. Approfondissons notre relation avec Dieu en acceptant de soutenir
et d’habiliter les faibles et les sans défenses de nos sociétés.

Rev. Agbonkhianmeghe E. Orobator SJ
Président de la Conférence des Jésuites d’Afrique et de Madagascar (JCAM)

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