{"id":5182,"date":"2015-05-07T07:23:40","date_gmt":"2015-05-07T04:23:40","guid":{"rendered":"http:\/\/ajan.africa\/les-femmes-de-kibera-temoins-de-la-resurrection\/"},"modified":"2015-05-07T07:23:40","modified_gmt":"2015-05-07T04:23:40","slug":"les-femmes-de-kibera-temoins-de-la-resurrection","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ajan.africa\/fr\/les-femmes-de-kibera-temoins-de-la-resurrection\/","title":{"rendered":"Les femmes de Kibera, t\u00e9moins de la R\u00e9surrection"},"content":{"rendered":"<p><em>Notre r\u00e9flexion pour le jour de\u00a0P\u00e2ques\u00a0est \u00e9crite par\u00a0par\u00a0le Pere Paterne Mombe SJ, Directeur du\u00a0R\u00e9seau J\u00e9suite Africain contre le SIDA\u00a0(AJAN).\u00a0<\/em><\/p>\n<p>Il y a quelques semaines, je prenais part \u00e0 une rencontre dans une paroisse de Nairobi (Guadalupe Parish) avec nos partenaires dans la mise en \u0153uvre de projets de microfinances visant \u00e0 promouvoir l\u2019autonomie financi\u00e8re chez des femmes s\u00e9ropositives de Kibera, le plus grand bidonville du Kenya et, dit-on, de l\u2019Afrique. Au cours de la rencontre, le responsable de l\u2019association paroissiale, Mirror of Hope, nous fait part de quelques exp\u00e9riences fructueuses, notamment celle d\u2019Elisabeth, une femme divorc\u00e9e d\u2019une quarantaine d\u2019ann\u00e9es qui vit avec ses deux enfants et trois orphelins qu\u2019elle a adopt\u00e9s.<\/p>\n<p>Elizabeth vivait en proie avec la pauvret\u00e9, la maladie et la stigmatisation li\u00e9e \u00e0 sa situation de personne vivant avec le VIH. Elle vendait des fruits et l\u00e9gumes dans une petite ruelle de Kibera pour r\u00e9pondre aux besoins de sa famille, mais cela est loin de lui permettre d\u2019apporter r\u00e9guli\u00e8rement de la nourriture et de l\u2019eau \u00e0 la maison, sans compter le loyer et les frais de scolarit\u00e9s des enfants.<\/p>\n<p>Sa vie s\u2019est trouv\u00e9e transform\u00e9e depuis qu\u2019elle a int\u00e9gr\u00e9 le programme d\u2019activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus o\u00f9 elle a appris \u00e0 faire des jolis paniers et des bijoux avec des perles. Elizabeth a excell\u00e9 dans l&#8217;utilisation cr\u00e9ative des comp\u00e9tences acquises. Le march\u00e9 de vendre des marchandises \u00e0 Kibera est tr\u00e8s concurrentiel. Lorsque le march\u00e9 pour vendre des paniers est devenu trop faible, elle a adapt\u00e9 son savoir \u00e0 la fabrication de sacs \u00e0 main ainsi que de bracelets et colliers afin d\u2019augmenter ses revenus. Ce faisant, elle a \u00e9t\u00e9 en mesure de payer les frais de scolarit\u00e9 de la plupart des enfants \u00e0 sa charge et de leur offrir des repas nourrissants.<\/p>\n<p>L\u2019exp\u00e9rience d\u2019Elisabeth et de quelques autres femmes dans le groupe me fournit la clef de lecture l\u2019\u00e9v\u00e8nement pascal de cette ann\u00e9e. L\u2019histoire des femmes de Kibera est le t\u00e9moignage d\u2019une victoire du bien sur le mal avec tout ce qu\u2019il implique comme injustice social, mis\u00e8re, et stigmatisation\u00a0; une victoire de la vie sur la mort. En somme, l\u2019histoire des femmes de Kibera trouve un \u00e9cho dans l\u2019histoire des trois femmes dont l\u2019\u00e9vangile de Marc nous parle aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Elles se rendent au tombeau avec la ferme intention d\u2019embaumer le corps de J\u00e9sus. Au fond de leur c\u0153ur, il y a ce petit sentiment d\u2019impuissance\u00a0: \u00ab\u00a0Qui nous roulera la pierre pour d\u00e9gager l\u2019entr\u00e9e du tombeau\u00a0?\u00a0\u00bb (Mc 16, 3). Mais l\u2019ardeur de l\u2019amour pour leur Maitre et le souci de jouer pleinement le r\u00f4le que la soci\u00e9t\u00e9 leur a r\u00e9serv\u00e9, celui des soins du corps des morts, les poussent \u00e0 aller plus loin\u2026 jusqu\u2019au bout. Et voil\u00e0 que tout bascule\u00a0: elles se doivent de devenir t\u00e9moins de la r\u00e9surrection et porteur d\u2019un message de vie et d\u2019esp\u00e9rance.<\/p>\n<p>Elles que jamais la soci\u00e9t\u00e9 n\u2019aurait jamais imagin\u00e9 dans ce r\u00f4le. En effet, du temps de la vie terrestre de J\u00e9sus, les femmes n\u2019\u00e9taient pas consid\u00e9r\u00e9es comme des t\u00e9moins juridiques pouvant rendre des t\u00e9moignages fiables et cr\u00e9dibles. Marc a m\u00eame eu de la peine \u00e0 leur reconnaitre pleinement ce r\u00f4le de t\u00e9moins de la r\u00e9surrection en les enfermant dans un premier temps dans le silence et la peur de parler de ce qu\u2019elles ont vu ou entendu.<\/p>\n<p>Tous les quatre \u00e9vangiles s\u2019accordent n\u00e9anmoins pour reconnaitre aux femmes la primaut\u00e9 de la d\u00e9couverte du tombeau vide et d\u2019\u00eatre ainsi les premiers t\u00e9moins de la r\u00e9surrection. Cela nous dit quelque chose de la p\u00e9dagogie de Dieu que St Paul d\u00e9crit en ces termes\u00a0: \u00ab\u00a0Ce qu\u2019il y a de faible dans le monde, voil\u00e0 ce que Dieu a choisi\u2026\u00a0\u00bb (1 Cor. 1, 27). Celles que la soci\u00e9t\u00e9 comptait pour rien, voici celles que Dieu nous envoie pour nous apporter ce message central de notre foi, de la foi chr\u00e9tienne\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0N\u2019ayez pas peur\u00a0! Vous cherchez J\u00e9sus de Nazareth, le Crucifi\u00e9\u00a0? Il est ressuscit\u00e9\u00a0: il n\u2019est pas ici. Voici l\u2019endroit o\u00f9 on l\u2019avait d\u00e9pos\u00e9. Et maintenant, allez dire \u00e0 ses disciples et \u00e0 Pierre\u00a0: il vous pr\u00e9c\u00e8de en Galil\u00e9e. L\u00e0 vous le verrez, comme il vous l\u2019a dit\u00a0\u00bb (Mc 16, 6-7).<\/p>\n<p>L\u2019annonce de la r\u00e9surrection se couple avec une invitation \u00e0 aller \u00e0 la rencontre du ressuscit\u00e9 en Galil\u00e9e. La question qui peut se poser c\u2019est celle de savoir ce que repr\u00e9sente Galil\u00e9e pour les disciples, et aussi pour nous aujourd\u2019hui. Et \u00e0 ce sujet les commentateurs des r\u00e9cits de la r\u00e9surrection ont avanc\u00e9 un certain nombre d\u2019explications.<\/p>\n<p>Galil\u00e9e est la terre d\u2019origine des disciples et elle repr\u00e9sente le lieu o\u00f9 le Christ J\u00e9sus a form\u00e9 autour de lui la premi\u00e8re communaut\u00e9 des ap\u00f4tres et disciples. C\u2019est aussi le lieu o\u00f9 il a abondamment exerc\u00e9 son minist\u00e8re d\u2019enseignement et de gu\u00e9rison et fait beaucoup de miracles. Dans la perspective de Marc, c\u2019est certainement le lieu les disciples du Christ ressuscit\u00e9 sont appel\u00e9s \u00e0 prendre part activement \u00e0 la construction du Royaume de Dieu en vivant d\u00e9sormais en serviteurs de la mission du Christ.<\/p>\n<p>En pr\u00e9sentant la r\u00e9surrection dans un tableau sobre en apparitions surnaturelles\u00a0\u2013 il n\u2019y a pas d\u2019ange, ni de tremblement de terre\u2026, mais seulement un jeune homme v\u00eatu de blanc \u2013 Marc nous invite \u00e0 chercher les signes de la r\u00e9surrection de J\u00e9sus dans notre vie quotidienne. Et c\u2019est dans ce contexte que les femmes de Kibera se posent en v\u00e9ritables t\u00e9moins de la r\u00e9surrection de notre temps. Elles nous font d\u00e9couvrir le sens profond et les signes de la r\u00e9surrection au c\u0153ur de notre vie de tous les jours. Elles nous invitent \u00e0 comprendre que quel que soit le drame dans nos vies, une vie nouvelle est possible\u00a0; l\u2019espoir est permis, surtout l\u00e0 o\u00f9 est la charit\u00e9 et l\u2019amour. C\u00e9l\u00e9brer la P\u00e2ques, c\u2019est au-del\u00e0 de la r\u00e9surrection, c\u00e9l\u00e9brer la victoire de l\u2019amour sur la haine, de la vie sur la mort, du bien sur le mal. C\u2019est f\u00eater l\u2019Esperance et le renouveau.<\/p>\n<p>La r\u00e9surrection du Seigneur nous rappelle la gr\u00e2ce de Dieu \u00e0 l\u2019\u0153uvre en nous et ravive en nous l\u2019Esperance d\u2019une vie nouvelle. La r\u00e9surrection nous fait dans une nouvelle dynamique de vie, celle marqu\u00e9e par la force de l\u2019amour qui, tout en nous transformant, transforme la vie des autres autour de nous de leur permet de vivre en abondance\u00a0; un amour qui passe par le pardon, le service d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9, l\u2019attention aux faibles et aux pauvres, la promotion du bien. C\u2019est en vivant cela que nous pouvons rencontrer le Christ ressuscit\u00e9 dans notre quotidien et devenir \u00e0 notre tour des t\u00e9moins joyeux et cr\u00e9dibles de sa r\u00e9surrection.<\/p>\n<p>Puisse le Christ Ressuscit\u00e9 nous accorde la gr\u00e2ce d\u2019une v\u00e9ritable joie pascale. Joyeuse P\u00e2ques.\u00a0<\/p>\n<div style=\"float: left; width: 36px; text-align: left; padding-top: 8px;\"><a href=\"http:\/\/ajan.africa\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/FRA_Easter.pdf\"><img decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-5133\" src=\"http:\/\/ajan.africa\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/pdf-icon-32.png\" rel=\"PrettyPhoto[5182]\" alt=\"\" width=\"32\" border=\"0\" \/><\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notre r\u00e9flexion pour le jour de\u00a0P\u00e2ques\u00a0est \u00e9crite par\u00a0par\u00a0le Pere Paterne Mombe SJ, Directeur du\u00a0R\u00e9seau J\u00e9suite Africain contre le SIDA\u00a0(AJAN).\u00a0 Il y a quelques semaines, je prenais part \u00e0 une rencontre dans une paroisse de Nairobi (Guadalupe Parish) avec nos partenaires dans la mise en \u0153uvre de projets de microfinances visant<\/p>\n<p><a class=\"sd-more sd-all-trans\" href=\"https:\/\/ajan.africa\/fr\/les-femmes-de-kibera-temoins-de-la-resurrection\/#more-5182\">Lire la suite<\/a><\/p>","protected":false},"author":155,"featured_media":5133,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[66],"tags":[],"class_list":["post-5182","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ajan-campaign-articles"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ajan.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5182","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ajan.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ajan.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ajan.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/155"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ajan.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5182"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ajan.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5182\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ajan.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5133"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ajan.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5182"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ajan.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5182"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ajan.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5182"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}