{"id":4942,"date":"2015-03-13T06:37:34","date_gmt":"2015-03-13T03:37:34","guid":{"rendered":"http:\/\/ajan.africa\/dieu-est-ici\/"},"modified":"2015-03-13T06:37:34","modified_gmt":"2015-03-13T03:37:34","slug":"dieu-est-ici","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ajan.africa\/pt\/dieu-est-ici\/","title":{"rendered":"Dieu est ici"},"content":{"rendered":"<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-4866\" src=\"http:\/\/ajan.africa\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/cross.png\" alt=\"\" border=\"0\" width=\"710\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/ajan.africa\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/cross.png 710w, https:\/\/ajan.africa\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/cross-300x95.png 300w\" sizes=\"(max-width: 710px) 100vw, 710px\" \/><\/p>\n<p><em>Notre r\u00e9flexion pour le Vendredi Saint est \u00e9crite par le P\u00e8re Isidore Bonabom SJ de la Province j\u00e9suite d\u2019Afrique du Nord-Ouest.<\/em><\/p>\n<p>L\u2019homme mourant dans son lit d\u2019h\u00f4pital avait son histoire lui aussi. Son histoire faite de tant de gr\u00e2ces n\u2019a pas chang\u00e9 parce qu\u2019il \u00e9tait s\u00e9ropositif ou parce qu\u2019il \u00e9tait mourant entour\u00e9 de quelques proches bien-aim\u00e9s. Il a v\u00e9cu une vie pleine comme avocat de succ\u00e8s, utilisant ses qualit\u00e9s de leader dans sa communaut\u00e9 paroissiale, servant les besoins de nombreux clients et satisfaisant les besoins de sa famille. Il avait contract\u00e9 le VIH \u00e0 travers une transfusion sanguine qu\u2019il avait re\u00e7ue dans une clinique rurale alors qu\u2019il faisait son service militaire juste apr\u00e8s ses \u00e9tudes universitaires. Apr\u00e8s avoir d\u00e9couvert qu\u2019il \u00e9tait s\u00e9ropositif, il s\u2019est souvent pos\u00e9 la question rh\u00e9torique \u2013 <em>pourquoi<\/em> ? \u2013, et malgr\u00e9 l\u2019isolement qu\u2019il a connu au d\u00e9but, il \u00e9tait convaincu qu\u2019il y avait un myst\u00e8re plus profond derri\u00e8re cette souffrance et il a fini par l\u2019accepter comme une communion aux souffrances du Christ (Philippiens 3, 10). Comme beaucoup de personnes vivant avec le VIH\/SIDA dans cette partie du monde, il a endur\u00e9 en silence le fait d\u2019\u00eatre stigmatis\u00e9 et d\u2019\u00eatre devenu un bouc-\u00e9missaire. Bien entendu, tr\u00e8s peu de personnes savaient comment il avait contract\u00e9 le VIH mais les membres de sa communaut\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 t\u00e9moins de la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 avec laquelle il a v\u00e9cu sa vie pleine de gr\u00e2ces. Cette acceptation lui avait donn\u00e9 un sentiment de paix.<\/p>\n<p>Le Vendredi Saint est le deuxi\u00e8me jour du <em>Triduum<\/em> pascal, et c\u2019est le jour o\u00f9 nous comm\u00e9morons les derni\u00e8res heures de la vie de J\u00e9sus sur terre. Nous c\u00e9l\u00e9brons le myst\u00e8re de sa passion, nous r\u00e9fl\u00e9chissons sur sa souffrance et nous prions pour sa mort sur la croix. Le Christ qui s\u2019est d\u00e9crit lui-m\u00eame comme \u00ab la Vie \u00bb (Jean 14, 6), et qui est vraiment la vie, est mis \u00e0 mort. L\u2019Eucharistie n\u2019est pas c\u00e9l\u00e9br\u00e9e aujourd\u2019hui mais les pri\u00e8res et les lectures sont centr\u00e9es sur l\u2019acte r\u00e9dempteur du Christ de don total de soi. La premi\u00e8re et la deuxi\u00e8me lectures parlent toutes deux de personnes qui ont renonc\u00e9 \u00e0 leurs propres identit\u00e9s afin d\u2019assumer leurs vraies identit\u00e9s en Dieu. Le serviteur accabl\u00e9 a port\u00e9 nos maladies, il s\u2019est charg\u00e9 de nos souffrances.<\/p>\n<p><em>Et nous, nous pensions qu\u2019il \u00e9tait frapp\u00e9,<\/em><br \/><em> meurtri par Dieu, humili\u00e9.<\/em><br \/><em> Or, c\u2019est \u00e0 cause de nos r\u00e9voltes qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 transperc\u00e9,<\/em><br \/><em> \u00e0 cause de nos fautes qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 broy\u00e9.<\/em><br \/><em> Le ch\u00e2timent qui nous donne la paix a pes\u00e9 sur lui :<\/em><br \/><em> par ses blessures, nous sommes gu\u00e9ris<\/em> (Isa\u00efe 53, 4-5).<\/p>\n<p>Les lectures se compl\u00e8tent alors que nous r\u00e9fl\u00e9chissons au myst\u00e8re de J\u00e9sus Christ qui \u00ab bien qu\u2019il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l\u2019ob\u00e9issance et, conduit \u00e0 sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui ob\u00e9issent la cause du salut \u00e9ternel \u00bb (H\u00e9breux 5, 8-9).<\/p>\n<p>Avant son arrestation et sa crucifixion, le r\u00e9cit de la Passion nous rappelle que J\u00e9sus n\u2019est pas une victime de l\u2019iniquit\u00e9 humaine, mais plut\u00f4t le ma\u00eetre aussi bien de la vie que de la mort dont les mots font tomber \u00e0 terre ceux qui sont venus l\u2019arr\u00eater. Mais nous le voyons aussi d\u00e9pouill\u00e9 de sa dignit\u00e9 et nous entendons son angoisse. Il endure la stigmatisation sur son chemin vers le Calvaire alors qu\u2019il porte sa croix et qu\u2019il est clou\u00e9 sur la croix comme une victime malheureuse. Nombre de ses compagnons ont disparu et des spectateurs ont rapidement pris leurs places \u00e0 un moment o\u00f9 il aurait eu particuli\u00e8rement besoin de ses amis \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s. L\u2019amour constant de Dieu semble \u00eatre absent en ces derni\u00e8res heures de sa vie sur terre.<\/p>\n<p>Parmi les personnages de la Passion avec qui nous nous identifions tous, il y a le disciple bien-aim\u00e9. Il reste au pied de la croix avec un petit groupe de disciples fid\u00e8les qui ne se sont pas enfuis. Au contraire, ils restent au pied de la croix en silence, \u00e9coutant J\u00e9sus qui parle \u00e0 sa m\u00e8re et au disciple bien-aim\u00e9 : \u00ab \u00ab Femme, voici ton fils. \u00bb Puis il dit au disciple : \u00ab Voici ta m\u00e8re \u00bb \u00bb (Jean 19, 26-27).<\/p>\n<p>Trois t\u00e9moignages ont marqu\u00e9 la derni\u00e8re heure de la vie de J\u00e9sus sur terre : le sang et l\u2019eau qui ont coul\u00e9 de son c\u00f4t\u00e9 transperc\u00e9, et son Esprit qu\u2019il a remis inclinant la t\u00eate (Jean 19, 30). Le soupir de la vie qui s\u2019en va est silencieux. Le Vendredi Saint, nous ne pleurons pas la mort de J\u00e9sus mais nous c\u00e9l\u00e9brons les effets r\u00e9dempteurs de sa passion et de sa mort. Jean nous rappelle dans l\u2019\u00c9vangile que<\/p>\n<p><em>celui qui a vu rend t\u00e9moignage, et son t\u00e9moignage est v\u00e9ridique ;<\/em><br \/><em> et celui-l\u00e0 sait qu\u2019il dit vrai<\/em><br \/><em> afin que vous aussi, vous croyiez<\/em> (Jean 19, 35).<\/p>\n<p>C\u2019est le silence qui caract\u00e9rise tout ce qui arrive aujourd\u2019hui. Le silence est une partie int\u00e9grante du rythme divin, et c\u2019est ce qui nourrit la paix int\u00e9rieure et la communion ext\u00e9rieure. La liturgie commence en silence et finit en silence. J\u00e9sus est silencieux quand Ponce Pilate l\u2019interroge (Jean 19, 8-9), il est silencieux quand il porte sa croix vers le Calvaire et il est silencieux quand il est crucifi\u00e9. Le contexte fournit la raison de ce silence, les lectures renvoient le message de silence, et tandis que nous entendons la question pos\u00e9e par J\u00e9sus \u2013 \u00ab mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m\u2019as-tu abandonn\u00e9 ? \u00bb \u2013 l\u2019\u00e9cho de sa voix r\u00e9sonne dans nos c\u0153urs. C\u2019est en silence que nous vivons J\u00e9sus sur la croix et en silence que nous contemplons la croix, source de notre salut. Dieu est ici, dans l\u2019homme mourant et au pied de la croix. Dieu est ici.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notre r\u00e9flexion pour le Vendredi Saint est \u00e9crite par le P\u00e8re Isidore Bonabom SJ de la Province j\u00e9suite d\u2019Afrique du Nord-Ouest. L\u2019homme mourant dans son lit d\u2019h\u00f4pital avait son histoire lui aussi. Son histoire faite de tant de gr\u00e2ces n\u2019a pas chang\u00e9 parce qu\u2019il \u00e9tait s\u00e9ropositif ou parce qu\u2019il \u00e9tait<\/p>\n<p><a class=\"sd-more sd-all-trans\" href=\"https:\/\/ajan.africa\/pt\/dieu-est-ici\/#more-4942\">consulte Mais informa\u00e7\u00e3o<\/a><\/p>","protected":false},"author":155,"featured_media":4866,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[62],"tags":[],"class_list":["post-4942","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-reflect-articles"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ajan.africa\/pt\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4942","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ajan.africa\/pt\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ajan.africa\/pt\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ajan.africa\/pt\/wp-json\/wp\/v2\/users\/155"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ajan.africa\/pt\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4942"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ajan.africa\/pt\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4942\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ajan.africa\/pt\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4866"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ajan.africa\/pt\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4942"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ajan.africa\/pt\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4942"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ajan.africa\/pt\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4942"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}