Les 14–15 novembre 2025 ont marqué deux journées déterminantes pour la délégation du Centre Arrupe Madagascar (CA-MDG) à la COP30 à Belém, au Brésil. Leur participation s’est distinguée par des contributions significatives, des engagements stratégiques et des appels urgents en faveur d’une transition écologique juste, fondée sur la dignité humaine. En tant que l’un des Centres d’AJAN, le CA-MDG demeure engagé à promouvoir la justice et à faire progresser le bien-être social, écologique et sanitaire. Le centre œuvre à la protection de l’environnement par l’éducation, le reboisement et un plaidoyer fort pour la résilience climatique et la justice climatique.

Réfléchissant à la mission de la délégation, Efa Ravelonantoandro, Responsable du Programme Environnement et Développement Durable du CA-MDG, a expliqué : « Notre objectif à la COP30 est de construire de solides partenariats en présentant nos propositions de projets climatiques à des partenaires techniques et financiers potentiels. Nous sommes ici pour rechercher un soutien pour des initiatives concrètes de résilience à Madagascar et pour réaffirmer notre engagement envers le plaidoyer jésuite pour la justice climatique, qui défend la justice sociale et écologique à tous les niveaux. » La présence du Centre Arrupe Madagascar va au-delà du plaidoyer ; elle représente un effort déterminé pour faire en sorte que les voix des communautés vulnérables, en particulier celles qui subissent de plein fouet les impacts climatiques, soient entendues dans les espaces de décision mondiaux. La délégation a souligné la nécessité d’une unité entre les pays en développement et d’un engagement sincère de la part des nations développées, dont le soutien demeure essentiel. « Nous espérons que la COP30 devienne un moment d’action où les engagements ne sont plus retardés et où la justice n’est plus reportée », a ajouté Efa.

Lors d’un événement marquant le 10ᵉ anniversaire de Laudato Si’ et de l’Accord de Paris, Patricia Tahirindray, Coordinatrice de Programme au CA-MDG, s’est jointe à des acteurs mondiaux pour réfléchir à la manière dont Laudato Si’ a transformé le dialogue climatique en reliant science, justice et solidarité humaine, avec la conviction que la Terre est notre maison commune. Malgré les progrès accomplis, les intervenants ont souligné des réalités préoccupantes : la crise climatique ne cesse de s’aggraver, les communautés autochtones et pauvres restent disproportionnellement touchées, et l’industrie des combustibles fossiles exerce toujours une influence considérable. Un thème central de la discussion portait sur le financement climatique, avec des témoignages provenant d’Afrique, d’Amazonie et d’Asie soulignant qu’une transition climatique significative est impossible sans un financement adéquat, juste et accessible. Les participants ont affirmé que le financement climatique n’est pas simplement une question technique — c’est une responsabilité morale et un devoir de solidarité mondiale.
Lors d’une session consacrée au financement durable pour les pays disposant de ressources limitées, Efa a souligné la nécessité d’un capital patient à long terme, d’un renforcement de la coopération régionale, d’une réforme systémique des structures financières mondiales et de projets climatiques qui respectent les droits humains et l’intégrité environnementale. Au Pavillon Enfants et Jeunesse de la COP30, la délégation malgache a démontré l’engagement de la jeunesse locale, et particulièrement celui des femmes, envers le leadership climatique. À travers des formations, des dialogues régionaux, du plaidoyer et des outils adaptés culturellement, le Centre Arrupe Madagascar a présenté des moyens concrets permettant aux communautés de renforcer leur résilience et de contribuer à un changement durable.

À l’extérieur du lieu de la COP30, le Père Patric Razafimahafaly, SJ, Directeur du CA-MDG, a été témoin d’une manifestation pacifique menée par des communautés autochtones portant un message puissant aux autorités brésiliennes : « Nous refusons d’être sacrifiés pour l’agrobusiness. » Ce moment a fait écho aux thèmes de Querida Amazonia, qui dénonce la marginalisation persistante des peuples autochtones, demeurant les principaux gardiens de leurs terres ancestrales.
Le 15 novembre, la Marche du Sommet des Peuples a rassemblé des groupes autochtones, des travailleurs ruraux, des syndicats, des femmes, des jeunes et des communautés urbaines marginalisées. Leur objectif commun était de plaider pour une société juste et démocratique qui garantisse le bien-être de tous. Plus tard dans la journée, une session sur l’agroécologie a mis en évidence le vif intérêt des jeunes pour des systèmes alimentaires durables favorisant l’adaptation, l’atténuation et la sécurité alimentaire. Les intervenants ont souligné que l’accès au financement reste essentiel pour étendre les projets agroécologiques et permettre aux jeunes de conduire un changement significatif.

Le Centre Arrupe Madagascar a également engagé des discussions avec la délégation du Saint-Siège, portant sur la nécessité de placer l’éducation au cœur d’une transition juste, de reconnaître le leadership des femmes, d’intégrer le financement climatique dans les plans nationaux et de maintenir l’engagement mondial en faveur de la limite de 1,5 °C. Un panel sur la justice minière a souligné que la transition énergétique mondiale ne doit pas perpétuer des pratiques extractivistes nuisibles, notamment dans les régions productrices de cobalt où les communautés sont confrontées à des déplacements et à des dommages environnementaux. Les conversations ont également abordé les marchés du carbone, l’allègement de la dette et les mesures de protection des populations affectées.

Offrant une réflexion spirituelle sur l’expérience, le P. Razafimahafaly, SJ, Directeur du CA-MDG, a partagé : « Pour moi, la COP30 est plus que des conférences et des négociations—c’est une communauté en quête de conversion écologique, comme le décrit le Pape François dans Laudato Si’. Ici à Belém, je vois des personnes de tous les coins du monde cherchant un terrain d’entente pour réparer les dommages que nous avons causés. Ce n’est pas une perte de temps ni de ressources ; c’est un sacrifice fait pour l’avenir des générations. » Il a ajouté : « La COP30 est une invitation de Dieu à prendre soin de notre maison commune à travers des actions concrètes et quotidiennes. En retournant dans nos pays, faisons de cette conférence une locomotive pour une réponse authentique au cri de la terre et au cri des pauvres. »

À la clôture de la COP30, Efa a décrit la conférence comme « pleine d’espoir », notant que la forte présence des peuples autochtones, l’engagement de la société civile et la participation active des délégués jésuites du monde entier ont renouvelé l’élan pour une action climatique centrée sur la justice. Les discussions ont mis en évidence la nécessité d’un engagement financier à long terme, de réformes structurelles et de systèmes de gouvernance inclusifs afin de garantir que la transition vers une énergie propre soutienne plutôt que marginalise les populations vulnérables. Patricia a ajouté sa réflexion sur l’expérience : « Des couloirs du matin aux négociations de fin de journée, la diversité des voix était inspirante. Ce qui ressort le plus, c’est la détermination mondiale à cesser de considérer les communautés comme des victimes et à les reconnaître comme des acteurs du changement. Dix ans après l’Accord de Paris, être à Belém apporte un espoir renouvelé. »
La COP30 s’est conclue le 22 novembre, marquant un moment crucial pour Madagascar afin de mettre en lumière les réalités des communautés vulnérables. À Belém, l’équipe du CA-MDG a soulevé des préoccupations essentielles concernant la justice climatique, la souveraineté alimentaire, une transition énergétique juste et la protection des communautés autochtones et locales. Leur participation a réaffirmé la mission jésuite de défendre la dignité humaine et de prendre soin de notre maison commune. Bien que la COP30 soit terminée, l’engagement se poursuit. La lutte pour la justice climatique est continue et le CA-MDG reste ferme : nous respirons le même air, partageons le même destin et portons une responsabilité commune pour protéger notre maison commune.
Par, Dennis Owuoche,
Chargée de communication, AJAN


Comments are closed.