(5ème Dimanche de Carême A : Ez 37, 12-14; Ps 129(130); Rm 8, 8-11; Jn 11, 1-45 )

La réflexion d’aujourd’hui est présentée par P. Séverin MUKOKO, SJ., Directeur du Centre Mgr MUNZIHIRWA, Kinshasa/RDC.
Les textes bibliques de ce 5ème dimanche de Carême nous invitent à contempler la victoire de la vie sur la mort. Dieu ouvre les tombeaux, insuffle son esprit et nous appelle, à l’instar de Lazare à sortir.
Notre monde pue l’odeur de la mort. De l’Ukraine dévastée par les missiles au conflit au Moyen-Orient et à l’Est de la République Démocratique du Congo, où des drones et des bombes volent tant de vies innocentes, sèment la désolation et brisent les espérances, les paroles de Jésus résonnent comme une lumière inébranlable : «Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort» (Jn 11, 25).
A travers cet évangile, Jésus se manifeste comme le Maître absolu de la vie. Il manifeste sa nature divine et montre son pouvoir de vaincre la mort. Oui, c’est de lui que nous avons à accueillir le don de la vie qui vient de Dieu.
Le texte nous dit, «Lazare était malade». Cette maladie met en lumière la condition vulnérable de l’homme, confronté à sa finitude et à l’inéluctabilité de la mort.
Aujourd’hui, fixons notre regard sur Lazare. Oui, ce Lazare malade et oublié, qui nous interpelle à travers les enfants en situation des rues dans nos villes, les orphelins du SIDA qui errent sans abri ni avenir, les personnes vivant avec le VIH/SIDA, enfermées dans nos tombeaux sociaux que nous tolérons (exclusion, marginalisation, mépris).
Jésus, en face de cette maladie, n’a pas fermé les yeux, face à la mort il a pleuré, il a agi: «Lazare sors!» Et Lazare est ressuscité, libéré de ses bandelettes. Désormais la mort est vaincue; la maladie de l’homme n’est donc plus à considérer comme ce qui détruit l’homme, mais elle est, elle peut-être, à la gloire de Dieu, si elle est vécue dans la relation d’amour avec Jésus, dans cette relation personnelle qui est celle de Jésus avec chacun. Jésus étant celui dont toute la vie manifeste Dieu, et dès lors rend gloire à Dieu. Toute maladie, toute fragilité, toute impuissance toute situation tragique, toute souffrance de l’homme, doit donc être inscrits à l’intérieur de l’amour avec Jésus, pour pouvoir, dans la relation à lui, être signe de la gloire de Dieu qui triomphe de la mort , afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle.
Dans la maladie de Lazare, Jésus va pouvoir être glorifié, manifestant qu’il est, lui, le Seigneur de la vie. Et qu’en lui la vie est donnée à tous, en plénitude.
La maladie de Lazare devient donc le lieu où se révèle qui est vraiment Jésus: «Moi, je suis la résurrection et la vie» (Jn 11, 25).
Cependant, Jésus ne se laisse pas conduire par l’émotion immédiate, mais par la volonté du Père. Il a attendu que Lazare meurt car il ne vient pas pour épargner la souffrance et le deuil, mais les transformer par sa résurrection. Comme Jésus, aligner nos actions sur la volonté du Père, peut transformer les épreuves en témoignages vivants de résurrection et d’espérance. Celui qui redonne vie à Lazare c’est celui qui donne sa vie sur la croix, par obéissance, pour nous offrir une vie débordante, libérée du péché et de la mort.
Au cœur «des ossements desséchés», des ravages des bombes et des conflits, Dieu promet d’ouvrir les tombes, de redonner vie, par son Esprit, et de restaurer son peuple dans sa terre. Et Jésus le Maître de la vie, accomplit cette prophétie par sa résurrection, transformant le désespoir en espérance active.
Que Dieu ouvre nos «sépulcres» de désespoir pour nous insuffler une vie nouvelle.


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