Alors que l’Église célébrait la Saison de la Création 2026, les jeunes du Zimbabwe ont été invités à aller au-delà des paroles et de la prière et à redécouvrir ce que signifie prendre soin de notre maison commune. Sous le thème « Living Waters: Rivers of Justice, Streams of Hope », le Bureau jésuite de la jeunesse d’Afrique australe, en collaboration avec Silveira House et le Catholic Youth Network for Environmental Sustainability in Africa (CYNESA), a réuni trente-cinq jeunes pour une série d’activités écologiques à la fois spirituelles et pratiques.

Observée dans le monde entier du 1er septembre au 4 octobre, la Saison de la Création invite les chrétiens et les personnes de bonne volonté à renouveler leur relation avec la création de Dieu et à réfléchir à leur responsabilité envers la Terre. Enracinée dans l’appel chrétien à la gestion responsable de la création, cette saison rejoint fortement la vision exprimée par le pape François dans Laudato Si’, qui rappelle à l’humanité que prendre soin de la création est indissociable de prendre soin de nos frères et sœurs, en particulier de ceux qui sont les plus vulnérables à la dégradation de l’environnement.
Pour les jeunes qui ont participé aux activités de 2026, cet appel est devenu plus qu’une réflexion théologique. Il est devenu une expérience de prière, de communauté et de service.
De la prière à l’action
Le programme a réuni plusieurs dimensions de l’engagement écologique, notamment la messe, la plantation d’arbres à Silveira House, une campagne communautaire de nettoyage et une activité de service écologique à Chichester House. À Silveira House, les jeunes se sont réunis non seulement pour prier pour la création, mais aussi pour contribuer à son renouvellement en plantant des arbres. Les mains dans la terre, les participants ont fait l’expérience d’une expression simple mais profonde de l’espérance chrétienne : la conviction que de petits gestes de soin peuvent contribuer à un avenir plus durable.

L’activité de plantation d’arbres a également offert un puissant symbole de responsabilité intergénérationnelle. Un arbre planté aujourd’hui peut prendre des années à atteindre sa maturité, et pourtant, ceux qui le plantent ne seront peut-être pas ceux qui bénéficieront finalement de son ombre. En ce sens, planter un arbre devient un acte de générosité envers les générations à venir.

Pour le Bureau de la jeunesse, l’initiative était donc bien plus qu’une activité environnementale. Chaque arbre planté représentait un investissement dans l’avenir et une expression concrète de la vocation chrétienne à protéger et à prendre soin de la création de Dieu.
L’écologie comme vocation au service
Les activités de la Saison de la Création se sont également étendues au-delà de Silveira House. Les jeunes ont participé à une campagne de nettoyage et se sont ensuite engagés dans un service écologique à Chichester House, où ils ont effectué des travaux pratiques, notamment débroussailler, préparer des espaces pour les jardins, ranger du bois et planter un arbre. Cette expérience a placé les jeunes directement au cœur des réalités ordinaires du service. Elle leur a rappelé que la responsabilité écologique ne commence pas toujours par de grands projets ou des solutions sophistiquées. Elle peut commencer par quelque chose d’aussi simple que ramasser des déchets, entretenir un jardin, planter un arbre ou donner de son temps au service d’une autre communauté.

Cette approche reflète la spiritualité de Saint Ignace de Loyola, dans laquelle la foi s’exprime à travers l’action et le service. La crise écologique devient donc non seulement une préoccupation environnementale, mais aussi un défi spirituel et social.
« Tout est lié »
L’une des leçons les plus importantes qui se sont dégagées de la Saison de la Création a été l’importance de l’interconnexion. Les défis environnementaux ne peuvent être dissociés des questions de pauvreté, de santé, de moyens de subsistance, de justice et de dignité humaine. Les communautés qui dépendent directement des terres et des ressources naturelles sont souvent parmi celles qui sont les plus touchées par la dégradation de l’environnement. Cette perspective est au cœur de Laudato Si’. Le pape François présente le soin de notre maison commune comme faisant partie d’une écologie intégrale, rappelant à l’Église que les préoccupations environnementales, sociales et humaines sont profondément interconnectées.
Pour les jeunes impliqués, cela est devenu évident à travers l’expérience du travail en commun. Les activités ont créé des espaces où la prière, la communauté, la responsabilité environnementale et le service pouvaient se rejoindre.
Les jeunes comme acteurs de l’espérance
Plutôt que de considérer les jeunes comme de simples bénéficiaires des programmes environnementaux, l’initiative les a reconnus comme des participants actifs et des acteurs de la transformation. Grâce à leur implication dans les activités écologiques, ils ont eu l’occasion d’apprendre, de servir, de collaborer et d’assumer la responsabilité du monde dont ils hériteront.
Le thème « Living Waters: Rivers of Justice, Streams of Hope » a offert un cadre spirituel approprié pour ce parcours. L’eau entretient la vie, traverse les frontières et relie les communautés. De la même manière, l’appel à prendre soin de la création exige une coopération qui transcende les communautés, les institutions et les générations.
L’expérience a également montré que l’espérance n’est pas passive. L’espérance chrétienne s’exprime à travers des actions concrètes. Elle se manifeste lorsque les personnes choisissent de servir, lorsque les communautés travaillent ensemble et lorsque les individus assument la responsabilité de l’avenir.
Un engagement continu
Pour le Bureau jésuite de la jeunesse, la Saison de la Création n’est pas un événement annuel isolé, mais fait partie d’un engagement plus large visant à former des jeunes attentifs aux besoins de l’humanité et de la création. À travers ses initiatives écologiques, le Bureau de la jeunesse cherche à favoriser une culture dans laquelle la responsabilité environnementale devient une partie intégrante de la vie chrétienne et de la formation des jeunes. La collaboration avec des organisations telles que Silveira House et CYNESA renforce cette mission en créant des occasions pour les jeunes de découvrir l’écologie à travers la spiritualité, l’éducation et le service.
Le parcours ne s’achève pas lorsque la Saison de la Création prend fin le 4 octobre. Au contraire, cette saison constitue une invitation à continuer à vivre son message tout au long de l’année.
Le défi qui se présente à l’Église est donc clair : former des communautés qui ne se contentent pas de parler du soin de la création, mais qui l’incarnent dans leurs choix, leurs institutions et leurs ministères.

Pour les jeunes qui ont participé, le message était simple mais profond. Nous ne sommes pas simplement les héritiers de la Terre ; nous en sommes les gardiens.
Chaque arbre planté, chaque déchet ramassé et chaque jardin entretenu devient une petite contribution, mais pleine de sens, à une vision plus large de la conversion écologique.
Lorsque les jeunes sont retournés dans leurs communautés, ils emportaient avec eux bien plus que les souvenirs d’une journée de service. Ils emportaient une compréhension renouvelée du fait que prendre soin de la création est une vocation chrétienne que nous partageons tous.
Les rivières de justice et les ruisseaux d’espérance envisagés durant la Saison de la Création de cette année dépendront en fin de compte des choix que les communautés font aujourd’hui.
Et peut-être qu’à l’ombre des arbres plantés aujourd’hui par les jeunes, les générations futures découvriront un témoignage vivant d’espérance.
Par, M. Benjamin T Matsika
Integral Youth Development (IYD), Coordinateur de la jeunesse,
Province jésuite d’Afrique australe, Zimbabwe.


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