Centre Arrupe-Madagascar (CA-MDG) — Le 20 août 2026, le Centre Arrupe Madagascar, à travers son programme dénommé Programme Santé et Famille (PSF) (Programme Santé et Famille), a organisé une session de formation pour les membres du mouvement Iray Aina sur la prévention de la violence et la protection des enfants et des personnes vulnérables. L’objectif était de renforcer les connaissances et les capacités des participants afin qu’ils puissent contribuer plus efficacement à la protection des personnes exposées à différentes formes de violence et d’abus.

Initialement, le PSF se concentrait sur la lutte contre le VIH/SIDA, avec pour objectif de réduire et, à terme, d’éradiquer ce fléau grâce à la prévention et à l’éducation auprès de la population générale, en particulier des jeunes et des personnes exclues de la société ou confrontées à la discrimination. Depuis 2019, le Programme a progressivement élargi son champ d’action à la lutte contre les violences faites aux filles et aux femmes (LVFF), tout en continuant à promouvoir des valeurs et des approches qui favorisent la protection, la dignité et le bien-être des individus et des familles. Cette mission en évolution rejoint fortement l’engagement d'AJAN envers la troisième Préférence apostolique universelle jésuite (PAU 3) : Accompagner les jeunes dans la création d’un avenir porteur d’espérance, en donnant aux jeunes, en particulier aux filles et aux jeunes femmes, les moyens de reconnaître leur dignité, de se protéger et de protéger les autres contre la violence et les abus, et de devenir des acteurs actifs dans la construction de familles et de communautés plus sûres et plus inclusives.
La formation a commencé par une réflexion préoccupante sur la situation des enfants et des personnes vulnérables dans la société. Les participants ont été invités à examiner les différentes réalités de la violence, tant dans la société qu’au sein de l’Église. Les cas de violence et d’abus sexuels qui ont suscité de vives réactions au sein de l’Église depuis 1985 ont été abordés, ainsi que les phénomènes de dissimulation et de silence qui peuvent entourer certaines situations. Il a été rappelé aux participants que la protection des victimes est une responsabilité collective : toute personne, créée à l’image de Dieu, mérite le même respect et la même dignité. Ils ont également été informés des différentes mesures prises par l’Église dans le domaine de la protection, notamment la lettre de 2011 de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi aux conférences épiscopales du monde entier, la création en 2014 de la Commission pontificale pour la protection des mineurs sous le pape François, et la mise en place en 2018 d’équipes CPO dans les maisons de formation jésuites et les secteurs apostoliques.
La formation a exploré les différentes formes de violence — physique, sexuelle, psychologique et économique — à l’aide d’exemples pratiques tels que les agressions physiques, la négligence, le viol, les abus sexuels, les menaces et l’intimidation. Les données statistiques ont permis d’approfondir les discussions : plus d’un tiers des femmes déclarent avoir subi au moins une forme de violence fondée sur le genre, tandis que 35 % déclarent avoir subi des violences physiques ou sexuelles depuis l’âge de 15 ans. Les résultats d’une recherche menée à Fénérive-Est en 2024 ont également été présentés, faisant état de 338 victimes de violences, dont 73 % étaient des femmes et 62 % des enfants et des jeunes de moins de 18 ans. Les adolescentes ont été identifiées comme étant particulièrement exposées aux violences sexuelles.

Les participants ont également examiné les facteurs qui peuvent contribuer à la violence, notamment la pauvreté, le manque de connaissances, la consommation de drogues, l’abus de pouvoir et une sensibilisation inadéquate. L’influence de certaines conceptions culturelles associées au fihavanana a également été abordée. La peur de nuire aux relations ou de faire honte à une famille peut parfois conduire les gens à garder le silence sur des situations d’abus, au détriment de la justice pour les victimes. La formation a également offert l’occasion de réfléchir aux concepts de sexe, de genre, d’égalité et d’équité, ainsi qu’à la manière dont les rôles socialement attribués aux femmes et aux hommes peuvent influencer les relations et les responsabilités.
Le message central de la formation était clair : ne pas rester silencieux face à la violence. Protéger une victime signifie éviter de lui faire porter la responsabilité de ce qu’elle a subi, l’aider à accéder aux soins et à la justice appropriés, et signaler les situations d’abus lorsqu’elles sont identifiées. La violence ne devrait jamais être considérée comme une simple affaire privée ou familiale lorsqu’elle porte atteinte à la dignité et aux droits des personnes.
Par, Équipe des communications,
Centre Arrupe-Madagascar.


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