L’après-midi du mardi 31 mars 2026 a marqué un moment mémorable et porteur d’espérance pour les détenues et le personnel de la prison pour femmes de Lang’ata à Nairobi, au Kenya. Ils se sont réunis pour célébrer l’aboutissement du Programme de spiritualité psycho-ignatienne, une initiative novatrice menée par des scolastiques de Hekima University College en collaboration avec le Réseau Africain Jésuite de lutte contre le SIDA (AJAN). Cette occasion a été un puissant rappel que même les murs de la prison ne peuvent contenir la résilience de l’esprit humain.
Le programme de six mois s’est conclu par une Messe célébrée par l’aumônier catholique du Kenya Prisons Service, le P. Paul Mirin’gu. Il était accompagné du P. Emmanuel Foro, SJ, Recteur du Hekima University College, et du P. Marcel Uwineza, SJ, Principal, ainsi que des coordinateurs de l’apostolat en prison, le Rév. Bonosa Kwadwo, SJ, et Chidere Mberu, SJ. Des représentants du Secrétariat d’AJAN, dont Mme Sergon Pascalia, Responsable du Développement, et Agi Peter Onah, SJ, Responsable de Liaison, étaient également présents, ainsi que des responsables du Ministère Carcéral Archidiocésain.
Lire la suite ; https://ajan.africa/receive-this-light-a-commissioning-mass-at-langata-womens-prison-kenya/

Le Hekima University College et AJAN restent engagés à accompagner les communautés en marge sociale et géographique, y compris celles situées dans les établissements pénitentiaires. Ancrées dans la tradition ignatienne, les deux institutions intègrent l’engagement académique à la foi et à la justice. Le Programme de Spiritualité Psycho-Ignatienne illustre cette approche, démontrant comment la guérison psychologique et spirituelle peut agir de concert pour restaurer la dignité et l’espoir.
Dans le contexte carcéral, de nombreuses femmes portent des expériences de traumatisme, d’exclusion, de deuil et de perte d’identité. Dans de telles circonstances, ni le conseil seul ni la prière seule ne suffisent. Ce programme répond à ces besoins en combinant un soutien psychosocial fondé sur des preuves avec des pratiques spirituelles ignatiennes telles que l’Examen, la conversation spirituelle et la réflexion quotidienne sur les Écritures. Pour de nombreuses participantes, ces pratiques offrent un chemin vers la guérison, la conscience de soi et un but renouvelé.

Les trente-cinq femmes qui ont terminé le programme l'ont fait avec courage et engagement. Leur participation allait au-delà de la simple présence ; elle reflétait une véritable ouverture à la transformation. Comme l’a noté une participante : « Nous voulons davantage de programmes transformateurs comme celui-ci, alors que nous nous préparons à devenir des ambassadrices du changement pour les autres. »
Cette étape a également été rendue possible grâce à l’accompagnement pastoral dévoué du Fr. Mirin’gu et de la Chapellerie du Kenya Prisons Service, qui ont soutenu de manière constante la présence du ministère jésuite dans les prisons. La coordination dirigée par le Rév. Bonosa Kwadwo, SJ., et l’engagement des scolastiques ont donné au programme une dimension profondément humaine et pastorale.
Pour les femmes de la prison pour femmes de Lang’ata, l’impact du programme est tangible. Il affirme que la présence de Dieu n’est pas limitée par les circonstances et que le passé d’une personne ne définit pas son avenir. À travers des pratiques telles que l’Examen et la prière scripturaire, les participantes découvrent une liberté intérieure qui transcende l’enfermement physique.
Trois détenues, dont l’identité reste confidentielle, ont partagé leurs expériences de la formation AHAPPY. Pour les besoins de cette réflexion, elles sont désignées sous les noms de Mary, Vivian et Precious.
Mary a partagé sa réflexion :
«La formation a été une expérience excellente, et j’aimerais en avoir davantage. Ce qui m’a le plus marquée, c’est la transformation personnelle que j’ai vécue. Cela a changé ma perception des personnes vivant avec le VIH, et je me sens désormais appelée à les soutenir afin qu’elles puissent mieux vivre. J’ai également progressé dans la gestion du stress et de la colère. Je me sens encouragée à partager ce que j’ai appris, notamment sur la spiritualité ignatienne, et je prévois d’accompagner spirituellement d’autres personnes ici en prison. Après ma libération, je veux continuer à m’améliorer et servir en tant qu’éducatrice communautaire pour aider à réduire les infections par le VIH.»
Vivian a partagé :
«La formation a offert d’excellents services, et je crois que davantage de personnes devraient en bénéficier. J’ai trouvé très significatif l’aspect du soutien individuel et communautaire. Cela a changé ma perception du VIH en m’aidant à comprendre comment le conseil peut transformer des vies. J’ai progressé dans la conscience de moi-même et le pardon. Je me sens encouragée à partager mes connaissances, notamment à partir des Écritures, et je prévois de m’engager dans l’éducation par les pairs parmi mes camarades détenues. Après ma libération, j’espère aider les autres et assumer la responsabilité de soutenir ceux qui m’entourent tout en contribuant aux efforts de sensibilisation au VIH.»
Precious a exprimé :
«La formation en valait la peine, et j’aimerais que d’autres aient également l’occasion d’apprendre. Les enseignements sur le développement personnel et la croissance ont été les plus marquants pour moi. Ils m’ont influencée à offrir un soutien moral à ceux qui sont affectés par le VIH. J’ai également progressé dans ma vie de prière et dans mes vertus. Je me sens encouragée à partager ce que j’ai appris, notamment pour promouvoir des attitudes et des comportements positifs. Je prévois de soutenir les autres par le biais d’actions communautaires au sein de la prison et, après ma libération, d’éduquer les autres et de les encourager à participer à de tels programmes de formation pour contribuer à réduire les infections par le VIH.»

Pour AJAN, dont la mission continentale se concentre sur la prévention du VIH, les soins et le soutien psychosocial, le contexte carcéral demeure un domaine d’engagement essentiel. Les femmes détenues font face à des vulnérabilités accrues, notamment des risques pour la santé, des structures familiales perturbées et des défis psychologiques. Ce programme répond de manière holistique, en abordant à la fois le bien-être spirituel et émotionnel dans le cadre d’une approche de santé publique plus large.
Pour Hekima University College, cette initiative reflète un engagement renforcé envers la mission jésuite de former des individus qui servent là où le besoin est le plus grand. Elle incarne la vision d’une université qui va au-delà de la formation académique pour devenir un agent de transformation sociale.
La remise des certificats aux trente-cinq diplômées revêtait une signification profonde. Dans un contexte où l’identité est souvent réduite à un numéro ou à une peine, cette reconnaissance restaure la dignité. Elle affirme que chaque participante a appris, grandi et contribué de manière significative. C’est un rappel puissant que leur temps en prison n’est pas simplement du temps purgé, mais du temps transformé.
Par, Agi Peter Onah, SJ., Agent de liaison AJAN.


Comments are closed.