Centre Espérance Loyola (CEL)–Lomé, Togo | BRWGA 2026
Que se passe-t-il lorsqu’une femme qui lutte depuis des années contre l’insécurité financière reçoit non seulement un petit capital, mais aussi les connaissances, la confiance et le soutien nécessaires pour l’utiliser ?
Pour 30 femmes et jeunes filles vulnérables vivant dans les communautés périphériques d’Agoè-Nyivé, Lomé, la réponse devient de plus en plus visible grâce au projet Building Resilience among Women and Young Girls in Africa (BRWGA). Mis en œuvre par le Centre Espérance Loyola (CEL) avec le soutien d’AJAN, ce projet aide les femmes à transformer de petites sommes de capital en activités génératrices de revenus, tout en développant une culture de l’épargne, du soutien mutuel et de la résilience financière.

Le 25 mars 2026, le CEL a reçu un financement qui a permis au projet de fournir à chacune des 30 bénéficiaires des fonds pour démarrer une petite entreprise. Mais le projet a été conçu pour aller au-delà d’une contribution financière ponctuelle. Les femmes ont été formées à la gestion des activités génératrices de revenus et initiées à la méthodologie d’épargne et de crédit SILC, tout en bénéficiant d’un soutien psychosocial et d’un accompagnement visant à renforcer leur estime de soi et leur motivation entrepreneuriale, avec pour objectif d’aider les femmes à créer des entreprises capables de continuer à générer des revenus longtemps après la fin du projet.
Apprendre à épargner ensemble
L’un des aspects les plus prometteurs du projet est l’introduction de la méthodologie des Communautés d’Épargne et de Crédit Internes (SILC).

Vingt bénéficiaires ont déjà commencé à appliquer la méthodologie SILC entre elles. Les participantes contribuent à hauteur de 500 FCFA par mois, créant ainsi une base d’épargne et un accès futur au crédit au sein du groupe. Cela est important, car de nombreuses femmes travaillant dans l’économie informelle ont un accès limité aux services financiers formels.
Grâce à la méthodologie SILC, les femmes peuvent commencer à développer une discipline financière tout en se soutenant mutuellement. Ce modèle crée un espace où les femmes peuvent partager leurs expériences, épargner, emprunter et s’encourager les unes les autres tout en développant leurs activités. Le projet espère que l’impact de ces groupes d’épargne et de crédit deviendra encore plus visible après six mois de réunions régulières.
Briser les barrières
Les femmes participant au programme évoluent dans une réalité économique difficile. Les femmes et les jeunes filles jouent un rôle important dans le petit commerce au Togo, mais beaucoup continuent de se heurter à des obstacles en matière d’éducation, de formation professionnelle, de propriété foncière, de ressources financières et de prise de décision.
Les femmes vivant dans la pauvreté, les mères célibataires, les survivantes de violences basées sur le genre et les jeunes filles ayant abandonné l’école sont particulièrement vulnérables à l’insécurité économique. Dans le même temps, l’augmentation du coût de la vie, la fluctuation des prix des denrées alimentaires, l’accès limité au crédit et la prédominance de l’économie informelle rendent difficile la croissance des petites entreprises.

Le projet BRWGA apporte une réponse en combinant capital, connaissances, épargne, soutien psychosocial et accompagnement continu. Cette approche intégrée vise à aider les femmes non seulement à générer des revenus, mais aussi à renforcer leur résilience et leur inclusion au sein de leurs communautés.
La vision du BRWGA au CEL va au-delà des 30 femmes et jeunes filles actuellement bénéficiaires. Le projet cherche à créer les conditions permettant aux femmes de devenir économiquement indépendantes et, à terme, de contribuer au développement des autres personnes qui les entourent. La prochaine phase mettra l’accent sur le renforcement de la formation professionnelle et entrepreneuriale, l’amélioration de l’éducation financière, la création de réseaux de femmes entrepreneures et de jeunes leaders, l’élargissement de l’accès à l’épargne et au crédit, ainsi que la mise en place d’un mentorat et d’un accompagnement pour les entreprises émergentes. Le projet vise également à renforcer la sensibilisation aux droits des femmes, au leadership, à l’égalité des genres et à la prévention des violences basées sur le genre.
Une graine de résilience
L’impact du projet BRWGA a également été constaté directement lors d’une visite au Centre Espérance Loyola (CEL) par Mme Pascalia Sergon, Directrice par intérim de l’AJAN.

Lors de sa visite, Mme Sergon a échangé directement avec les femmes et les jeunes filles participant au projet. Cette rencontre a permis d’écouter les bénéficiaires, de comprendre leurs expériences et de voir comment le soutien apporté par le BRWGA se traduit concrètement par des efforts visant à améliorer leurs moyens de subsistance.
Pour l’AJAN, ces visites de terrain constituent un moyen important de rester en contact avec les réalités des femmes et des jeunes filles que le réseau cherche à accompagner. La visite au CEL a permis non seulement d’observer les progrès réalisés, mais aussi d’entendre directement les bénéficiaires parler de leurs défis, de leurs aspirations et de leurs espoirs pour l’avenir.

À première vue, l’intervention du BRWGA à Agoè-Nyivé peut sembler modeste : 30 femmes, de petites entreprises et des économies mensuelles. Mais derrière ces chiffres se trouvent des familles qui s’efforcent de construire un avenir plus sûr. Une petite entreprise peut aider une mère à payer les frais de scolarité. Elle peut aider une famille à faire face à une maladie. Elle peut fournir de la nourriture lorsque d’autres sources de revenus font défaut. Et surtout, elle peut donner à une femme la confiance de savoir qu’elle possède quelque chose qui lui appartient et qu’elle peut développer.
C’est là tout le sens profond de l’autonomisation économique. Les femmes du CEL ne se contentent pas de recevoir une aide. Elles apprennent à gérer les ressources, à épargner, à investir, à se soutenir mutuellement et à prendre des décisions concernant leur avenir.
Le parcours est toujours en cours. Mais dans les communautés autour d’Agoè-Nyivé, les petites entreprises ouvrent la voie à de plus grandes possibilités — et les femmes et les jeunes filles commencent à découvrir que la résilience peut se construire, une décision, une épargne et une entreprise à la fois.
Par, Madame Ornela Emefa Pakou,
Chargé(e) de projet, CENTRES SOCIAUX LOYOLA-Togo


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