Le Réseau Jésuite Africain contre le SIDA (AJAN) a organisé une formation de 5 jours des formateurs (ToT) du programme AJAN de prévention du VIH et du SIDA pour les jeunes (AHAPPY) pour le Diocèse catholique d’Embu, réunissant 35 jeunes leaders du 17 au 21 août 2026. La formation visait leur formation intégrale en leur dotant des connaissances, des compétences et des valeurs nécessaires pour accompagner les jeunes au sein de leurs paroisses et communautés, afin qu’ils puissent mener une vie plus saine et faire des choix responsables.

La formation a été animée par l’équipe de l’AJAN, composée de Mme Pascalia Sergon, Directrice par intérim de l’AJAN ; M. Dennis Owuoche, Responsable de la communication de l’AJAN ; et Mme Lilian Waweru, Aumônière principale des prisons du Kenya. Était également présent le Rév. P. David Njeru, Aumônier des jeunes du Diocèse catholique d’Embu, qui apporte son soutien à la formation ainsi qu’aux efforts du Diocèse en matière de formation et d’accompagnement des jeunes.
Le premier jour a permis aux participants de découvrir le premier module du Programme AHAPPY Generation, « Éveil à moi-même ». Le module invitait les participants à commencer par être attentifs à eux-mêmes — à comprendre qui ils sont, à reconnaître leurs forces et leurs vulnérabilités, à examiner leurs choix et à apprécier l’interconnexion entre les différentes dimensions de leur vie.

La session d’ouverture, dirigée par Ms. Lilian Waweru, a donné aux participants l’occasion de se présenter et de partager leurs attentes concernant la formation. Leurs réflexions ont révélé un fort désir d’acquérir des connaissances et des compétences pratiques qui leur permettraient de mieux comprendre les réalités qui façonnent la vie des jeunes aujourd’hui. Les participants ont exprimé un vif intérêt pour l’approfondissement de leurs connaissances sur la transmission et la prévention du VIH et du SIDA, le développement de compétences en mentorat et en leadership, l’amélioration de leur développement personnel et professionnel, ainsi que le renforcement de leur capacité à accompagner et à soutenir les jeunes dans leurs communautés. Ils espéraient également que la formation leur fournirait les outils nécessaires pour prendre des décisions éclairées et devenir des acteurs positifs du changement parmi leurs pairs.
La session a également offert aux participants un espace pour réfléchir à leurs propres expériences et à la responsabilité qui accompagne le fait de devenir formateurs et mentors pour les autres.
Comprendre AJAN et la pédagogie AHAPPY
Ms. Pascalia Sergon a ensuite présenté aux participants AJAN and the AHAPPY Generation Programme, en leur donnant un aperçu de la mission du réseau et de l’approche qui sous-tend son travail de formation des jeunes.


Les participants ont été initiés aux cinq dimensions de la personne humaine qui constituent un fondement important du programme AHAPPY :
- Spirituel – nourrir sa relation avec Dieu, sa foi et ses valeurs.
- Physique – comprendre et prendre soin de son corps et de son bien-être physique.
- Social – construire des relations saines et s’engager de manière responsable avec les autres.
- Émotionnel – reconnaître, comprendre et gérer ses émotions.
- Intellectuel – développer la capacité à penser de manière critique, à raisonner, à apprendre et à prendre des décisions éclairées.
Les participants ont été encouragés à considérer ces dimensions non pas comme des aspects distincts de la vie, mais comme des éléments interconnectés de la personne dans sa globalité. Une décision prise dans un domaine peut avoir des conséquences sur les autres dimensions, soulignant ainsi l’importance d’une formation intégrale.
Apprendre par le récit et la réflexion

Pour approfondir les réflexions de la journée, les participants ont regardé un film illustrant comment de mauvaises décisions peuvent affecter plusieurs dimensions de la vie d’une personne. L’histoire leur a donné l’occasion d’aller au-delà de la théorie et d’examiner comment les choix peuvent façonner les relations, le bien-être émotionnel, la santé physique, la vie spirituelle et les possibilités futures. Le film a amené les participants à réfléchir à leurs propres expériences ainsi qu’aux choix auxquels les jeunes sont confrontés dans leur vie quotidienne. Il a également renforcé un message important de l’approche AHAPPY : les jeunes ont besoin de plus que d’informations — ils ont besoin d’espaces où ils peuvent réfléchir, poser des questions, développer leur connaissance de soi et acquérir les compétences nécessaires pour faire des choix responsables.


Le deuxième jour a amené les participants à passer de l’introspection à l’examen du monde qui les entoure à travers le module « Le monde dans lequel je vis – Sois intelligent ». Ils ont réfléchi aux réalités qui façonnent la vie des jeunes et ont exploré le VIH et le SIDA, les infections sexuellement transmissibles ainsi que l’abus de drogues et de substances psychoactives. Étant eux-mêmes des jeunes, les participants ont été confrontés à des discussions étroitement liées à leurs propres expériences et à celles de leurs amis et pairs. Ils ont été invités à comprendre qu’accompagner les jeunes exige plus que de donner des consignes. Cela nécessite de les écouter, de comprendre leur situation et de créer un environnement dans lequel ils peuvent poser des questions et parler ouvertement des défis auxquels ils sont confrontés.
Le troisième jour a permis aux participants d’approfondir leur compréhension des réalités du VIH et du SIDA à travers le module « Face à un monde avec le VIH et le SIDA – Sois raisonnable ». Ils ont exploré les facteurs de vulnérabilité chez les jeunes, la prévention du VIH et des IST, la vie positive, le fait d’être un bon Samaritain ainsi que l’impact des pandémies sur leur monde. Les sessions ont aidé les participants à mettre en relation leurs connaissances sur le VIH avec les réalités des relations humaines et de la responsabilité personnelle. Ils ont acquis une meilleure compréhension de la manière dont les jeunes peuvent devenir vulnérables, ainsi que de l’importance de mener une vie vertueuse et, en même temps, de la manière dont ils peuvent devenir de meilleurs leaders pour façonner la jeune génération.

Ils ont également réfléchi à la manière d’aborder les conversations sensibles sans porter de jugement, en reconnaissant que, parfois, un jeune a d’abord besoin de quelqu’un qui l’écoute avant d’avoir besoin de quelqu’un qui lui donne des conseils. Pour les participants, il s’agissait d’un aspect important de leur formation. Ils n’étaient pas seulement préparés à transmettre des informations aux autres ; ils étaient préparés à devenir des personnes de confiance capables d’accompagner leurs pairs.
Le quatrième jour, l’accent a été mis sur « Apprendre à me connaître pour grandir – Sois responsable ». Les participants ont exploré les compétences nécessaires pour mieux se connaître et vivre en harmonie avec eux-mêmes et avec les autres, ainsi que le mentorat et une communication efficace. Les sessions les ont encouragés à réfléchir à leur manière de communiquer et d’interagir avec les autres, en mettant l’accent sur l’importance d’une écoute efficace, de la compréhension des différents points de vue et de la construction de relations fondées sur la confiance.

La conversation s’est également étendue aux espaces numériques, qui sont devenus une partie importante de la vie des jeunes. Les participants ont réfléchi à la manière dont ils peuvent utiliser les réseaux sociaux de manière intentionnelle pour développer leurs compétences, construire leur image de marque personnelle et se promouvoir, tout en restant responsables dans la manière dont ils se présentent en ligne. Dans un monde qui adopte rapidement l’intelligence artificielle (IA), ils ont été encouragés à reconnaître les possibilités qu’offre la technologie en matière d’apprentissage, de créativité, de réseautage et de développement personnel, tout en réfléchissant de manière critique à la façon dont ils utilisent ces outils.


Les discussions ont aidé les jeunes leaders à comprendre que la responsabilité va au-delà des relations en face à face. Elle englobe également la manière dont ils communiquent, créent et se présentent dans les espaces numériques.
Ils ont également découvert que le mentorat ne consiste pas à avoir toutes les réponses. Il s’agit de cheminer aux côtés d’une autre personne, de l’aider à réfléchir, de l’écouter sans porter de jugement et de la soutenir dans ses propres décisions responsables. Pour les jeunes leaders qui sont eux-mêmes confrontés aux réalités de la vie universitaire et à un monde numérique en évolution rapide, ces compétences sont essentielles alors qu’ils cherchent à accompagner leurs pairs avec authenticité, sagesse et responsabilité.
Le dernier jour a permis de rassembler les enseignements de la semaine à travers le module « Le fondement sur lequel je construis ma vie – Sois sage ». Les participants ont réfléchi aux valeurs et aux principes de vie, à la manière de devenir des personnes vertueuses ainsi qu’au rôle de l’entrepreneuriat social dans la transformation de la société. Ils ont ensuite élaboré et présenté des plans d’action, ce qui leur a permis de réfléchir à la manière dont ils pourraient mettre en pratique les enseignements de la formation au sein de leurs paroisses et communautés.



En revenant sur ces cinq jours, les participants avaient acquis bien plus que des connaissances techniques. Ils avaient approfondi leur compréhension du VIH et du SIDA ainsi que de leur prévention, développé des compétences en mentorat et en communication, réfléchi à la prise de décisions responsables et exploré l’importance des valeurs dans le leadership. Ils avaient également pris davantage conscience de leur propre potentiel à influencer la vie d’autres jeunes. La diversité des participants issus de différents doyennés a également enrichi l’expérience. Ils ont apporté des expériences et des perspectives paroissiales différentes, tout en découvrant que bon nombre des espoirs et des défis des jeunes sont communs. La formation leur a offert l’occasion d’apprendre les uns des autres et de renforcer un sentiment de responsabilité partagée pour la pastorale des jeunes au sein du Diocèse.
Le parcours de cinq jours a atteint son point culminant lors d’une messe d’envoi présidée par Mgr Peter Kimani Ndung’u, du Diocèse catholique d’Embu, au cours de laquelle les jeunes leaders ont été reconnus non seulement pour avoir achevé leur formation, mais aussi pour la responsabilité qui leur était désormais confiée. L’Évêque a participé à la certification et à l’envoi en mission des participants, donnant ainsi une signification plus profonde à leur passage du statut de stagiaires à celui de jeunes préparés à accompagner les autres.

Lors de la messe d’envoi, Mgr Peter Kimani Ndung’u a médité sur l’Évangile de Matthieu 22, 34-40, rappelant aux jeunes leaders que leur mission est enracinée dans l’amour de Dieu et l’amour du prochain. Il a évoqué l’histoire du photojournaliste Kevin Carter qui, en 1993, a photographié un enfant épuisé tentant d’atteindre un centre de distribution alimentaire de l’ONU, tandis qu’un vautour attendait à proximité, afin de parler de la responsabilité de répondre à la souffrance humaine.
L’Évêque a rappelé aux jeunes que la foi et l’espérance vont de pair. S’appuyant sur le récit d’Ézéchiel et de la vallée des ossements desséchés (Ézéchiel 37, 1-14), il a souligné que même lorsque les personnes se trouvent dans des situations de ténèbres et de désespoir, Dieu peut restaurer l’espérance et redonner la vie. Il a encouragé les jeunes leaders à devenir des personnes porteuses d’espérance, en particulier pour leurs pairs qui peuvent être en difficulté.
S’appuyant sur sa propre expérience en tant qu’aumônier de prison, Mgr Ndung’u a rappelé que l’accompagnement des détenus consistait souvent à aider des personnes à redécouvrir l’espérance lorsqu’elles l’avaient perdue. Il a invité les jeunes leaders à porter ce même esprit d’accompagnement dans leurs communautés, leur rappelant que la jeunesse et le leadership consistent en définitive à être porteurs d’espérance.


Prenant également la parole lors de la messe, le Rév. P. David Njeru, Aumônier des jeunes du Diocèse d’Embu, a encouragé les nouveaux leaders envoyés en mission à partir et à partager ce qu’ils avaient appris avec leurs compagnons jeunes. Il leur a rappelé que la formation n’était pas destinée à s’arrêter avec eux, mais à se multiplier à travers les groupes de jeunes, les paroisses, les établissements d’enseignement supérieur et les communautés qu’ils servent. Le P. Njeru a également exprimé sa reconnaissance à l’AJAN pour son investissement dans la formation des jeunes leaders du Diocèse et pour les avoir dotés de compétences pratiques leur permettant d’accompagner leurs pairs.
La messe d’envoi a permis de mettre en lumière tous ces enseignements. Ils n’étaient pas simplement certifiés comme formateurs ; ils étaient envoyés en tant que jeunes leaders et accompagnateurs de leurs pairs. Leur mission va désormais au-delà de la salle de formation — vers les groupes de jeunes qu’ils dirigent, les établissements d’enseignement supérieur où ils étudient, les paroisses qu’ils servent et les communautés dans lesquelles ils vivent. C’est là que commence le véritable test de la formation : dans les conversations qu’ils auront, les jeunes qu’ils écouteront, les choix sur lesquels ils aideront les autres à réfléchir et l’espérance qu’ils susciteront.

Pour l’AJAN et le Diocèse catholique d’Embu, cette formation représente un investissement dans les jeunes en tant qu’acteurs du changement au sein de leur propre génération. En plaçant les jeunes leaders au cœur de l’accompagnement des jeunes, l’Église ne se contente pas de s’adresser aux jeunes ; elle leur donne également les moyens de cheminer les uns avec les autres.
Alors que les leaders nouvellement envoyés en mission retournent dans leurs doyennés respectifs, ils le font avec une invitation renouvelée à prendre l’initiative pour impulser le changement — en cheminant aux côtés de leurs pairs, en contribuant à bâtir des communautés plus saines et en aidant les jeunes à construire un avenir fondé sur la foi, la responsabilité, la dignité et l’espérance.
Par, Mr. Dennis Owuoche,
Chargée de communication, AJAN

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