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Réflexion pour le Dimanche des Rameaux, 29 mars 2026 ; La Passion du Christ

Première Lecture : Isaïe 50:4-7 Psaume Responsorial : Psaume 22:8-9, 17-18a, 19-20, 23-24; Deuxième Lecture : Philippiens 2:6-11; Acclamation de l'Évangile : Philippiens 2:8b-9 Évangile : Matthieu 26:14-27:66

La réflexion d’aujourd’hui est proposée par Fr. Eugène Goussikindey, SJ., Directeur, Centre de Recherche d’Étude et de Créativité (CREC), Bénin.

La célébration du Dimanche des Rameaux et de la Passion nous fait entrer pleinement dans le déroulement de toute la Semaine Sainte. Dès le début, la structure de la liturgie présente deux scènes qui semblent inconciliables. Plutôt que d’essayer de les harmoniser, nous gagnons davantage à les laisser se parler l’une à l’autre. La procession met en évidence le thème central de la condamnation — à savoir la royauté. La Passion, quant à elle, présente le procès conduisant à la condamnation, dans toutes ses étapes, depuis la trahison par les disciples jusqu’à la foule, en passant par les autorités juives et romaines. Le verdict est exprimé dans l’inscription de Pilate : « Jésus, Roi des Juifs », et scellé par la foi du centurion : « Jésus, Fils de Dieu ».

La célébration liturgique s’ouvre avec l’Évangile selon Matthieu (21:1–11). Matthieu décrit un événement dans lequel Jésus prend l’initiative. Il envoie chercher un âne et son petit pour une sorte d’entrée solennelle à Jérusalem. En faisant cela, il montre qu’il est conscient que « son heure » est venue, que sa mission de rédemption atteint son accomplissement. Par cette entrée solennelle, tous les regards sont fixés sur lui ; cependant, les observateurs attentifs remarquent un contraste dans le décor : il monte un âne. L’héritier de David, acclamé par la foule, manque de la splendeur et de la grandeur qui entouraient le grand roi dont il incarne les promesses. C’est à travers la liturgie de la Passion que le sens profond de sa royauté est révélé : plus qu’un roi, il est un « serviteur » qui a délibérément choisi de s’identifier pleinement au peuple. Sans s’accrocher à son égalité avec Dieu, il devient le serviteur de la volonté du Père en servant ses frères et sœurs.

Dans ce contexte, la grâce à rechercher émerge de sa place dans la procession entrant à Jérusalem. Il n’est ni à l’avant ni à l’arrière de la foule. Il est au centre, avec des gens marchant à la fois devant lui et derrière lui. En ce dimanche, nous sommes invités à demander la grâce « d’être avec » : être des participants plutôt que de simples observateurs distants. Malgré l’instabilité du peuple, Jésus demeure au milieu d’eux. Il ne nous sauve pas sans nous.

Le cri de la foule, « Hosanna au Fils de David », rend l’entrée à Jérusalem particulièrement saisissante. Il fait écho à la louange exprimée dans le Psaume (23/24:7–8) : « Levez vos têtes, ô portes ; élevez-vous, ô portes anciennes, afin que le Roi de gloire entre. Qui est ce Roi de gloire ? Le Seigneur, fort et puissant, le Seigneur, puissant au combat. » Cette acclamation reflète un peuple attendant la manifestation finale du salut dans la ville de David.

En Israël, le salut est l’œuvre du Messie, l’élu de Dieu. La Lettre de Saint Paul aux Philippiens révèle qui est réellement ce Fils de David entrant à Jérusalem : « Le Christ Jésus, qui, existant en forme de Dieu, n’a pas regardé comme une proie à arracher son égalité avec Dieu, mais s’est vidé lui-même, prenant la forme d’un serviteur, devenant semblable aux hommes. » Nous comprenons maintenant pourquoi le Seigneur, le Roi de gloire, monte un âne. C’est un choix, en solidarité avec ceux qu’il n’a pas honte d’appeler ses frères et sœurs. Cette posture de service, née de son auto-videment, conduit à son exaltation au-dessus de tous, et à l’adoration de tous dans les cieux, sur la terre et sous la terre : « Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. »

La Passion est la pleine manifestation de cet auto-videment dans la condition de serviteur. À travers elle, nous voyons que Jésus est devenu « comme nous en toutes choses », partageant ce qui trouble le cœur humain : la souffrance et la mort. Sa réponse à la souffrance, à la trahison et à la condamnation révèle une profonde sensibilité à l’épreuve : Jésus ne cache pas ses sentiments, tout en restant digne dans l’adversité. Devant cet homme souffrant, Pilate déclare : « Voici Jésus, le Roi des Juifs », tandis que le centurion professe : « En vérité, celui-ci était le Fils de Dieu. »

Ainsi, en ce dimanche, du « Hosanna, Fils de David » de la procession des Rameaux à « En vérité, celui-ci était le Fils de Dieu », nous suivons un chemin continu — un fil unique d’une mission menée jusqu’à son terme. Nous sommes invités à ne pas être des spectateurs, mais des participants actifs à l’événement de notre salut. Comme un prologue, le Dimanche des Rameaux et la Passion nous présentent l’ensemble du parcours de la Semaine Sainte.

P. Matambura Ismaël, SJ

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