À travers le South Sudan, où de nombreuses jeunes femmes sont confrontées à la pauvreté, à une éducation interrompue et à des possibilités limitées, l’espoir se tisse point par point. Grâce au projet AJAN Building Resilience in Women and Young Girls in Africa (BRWGA), mis en œuvre par le Multi-Educational and Agricultural Jesuit Institute of South Sudan (MAJIS) dans le Diocese of Rumbek, la vie de jeunes femmes vulnérables est transformée à mesure qu’elles découvrent de nouvelles perspectives pour leur avenir.
L’initiative permet actuellement à 20 jeunes femmes et filles d’acquérir des compétences professionnelles pratiques qui non seulement restaurent leur dignité, mais ouvrent également la voie à l’autonomie et à des moyens de subsistance durables. Bien plus qu’une simple formation en couture, le programme incarne l’engagement de AJAN à accompagner les personnes en situation de marginalisation, en particulier les jeunes, en leur offrant des opportunités qui inspirent l’espoir, renforcent la résilience et leur permettent de devenir des acteurs du changement au sein de leurs familles et de leurs communautés.

Tout au long de ce programme de formation intensif, les participantes sont initiées aux bases de la mode, du design et de la couture. En combinant un enseignement théorique et une expérience pratique, elles acquièrent la confiance et les compétences techniques nécessaires pour construire des moyens de subsistance durables dans un environnement économique de plus en plus difficile.
Derrière chaque vêtement confectionné se cache une histoire de résilience. Derrière chaque nouvelle compétence acquise se trouve une jeune femme qui retrouve sa confiance en elle, redécouvre sa raison d’être et imagine un avenir rempli d’opportunités.
L’une de ces histoires est celle de Hellen Apen.
« Je m’appelle Hellen Apen et j’ai 20 ans. Je suis profondément reconnaissante d’avoir l’opportunité d’apprendre la couture à MAJIS. Avant de rejoindre cette formation, je ne savais pas utiliser une machine à coudre, prendre les mesures d’une robe ni coudre une robe. Aujourd’hui, je peux accomplir toutes ces tâches avec confiance. Les compétences que j’acquiers vont transformer ma vie en me permettant de générer des revenus grâce à la confection et à la vente de différents vêtements. Participer à cette formation en valait vraiment la peine. Consciente de la valeur de ces compétences, j’encourage les autres jeunes femmes à saisir de telles opportunités chaque fois qu’elles se présentent. »


Pour Hellen, cette formation représente bien plus qu’un enseignement professionnel : elle constitue une voie vers l’indépendance économique et un regain de confiance en elle.
Pour Tabisa Abeny, le programme a redonné espoir après des années de déception.
« Je m’appelle Tabisa Abeny, j’ai 20 ans et je viens d’une famille de neuf enfants. Bien que j’aie réussi mes P8 National Examinations, je n’ai pas pu poursuivre mes études dans le secondaire après avoir été blessée en travaillant dans le jardin familial. Pendant un certain temps, je me suis sentie sans espoir. Aujourd’hui, je suis reconnaissante d’avoir l’opportunité d’apprendre la couture à MAJIS. Participer au kitenge fashion show à St. Peter Faber Primary School a ravivé ma confiance en moi et mon sens du but. »
« Les compétences que j’acquiers me permettront de concevoir et de confectionner des vêtements, aussi bien pour mon usage personnel que pour la vente, créant ainsi une source de revenus. Grâce à cette résilience, je pourrai soutenir mes parents et, à l’avenir, mes propres enfants lorsque je me marierai. J’encourage les autres jeunes femmes et filles à saisir de telles opportunités, car elles constituent des voies vers l’autonomisation et l’autonomie. »


Son parcours illustre comment l’investissement dans les jeunes femmes produit des effets positifs qui vont bien au-delà de l’individu, en renforçant les familles et en contribuant à des communautés plus résilientes.
L’histoire de Khamisia Awet est un autre puissant rappel qu’une opportunité peut redonner vie à des rêves que l’on croyait perdus.


« Je m’appelle Khamisia Awet et j’ai 19 ans. J’ai quitté la MAJIS Elementary School en 2021 parce que mes oncles ne m’ont pas permis de poursuivre mes études. Alors que mes frères et sœurs ont eu la chance d’étudier à St. Peter Faber Primary School, je me sentais laissée pour compte. En 2024, j’ai rejoint un programme de formation à MAJIS consacré à la confection de vêtements au crochet, puis j’ai commencé à apprendre la couture en 2026. Ces compétences m’ont renforcée, même dans mes tâches ménagères quotidiennes, et m’ont apporté confiance, détermination et espoir. Je crois désormais que je pourrai générer des revenus pour soutenir mes parents et, à l’avenir, ma propre famille. Je suis profondément reconnaissante du soutien apporté grâce au partenariat AJAN-MAJIS, qui a transformé ma vie et redonné un sens à mon avenir. »
Des histoires comme celles-ci reflètent le cœur de la mission d’AJAN à travers l’Afrique : accompagner avec compassion les personnes en situation de marginalisation, en leur offrant un soutien concret et des opportunités qui redonnent espoir. En investissant dans les jeunes femmes par l’éducation, le développement des compétences et la formation humaine, AJAN contribue à briser les cycles de pauvreté tout en permettant aux participantes de devenir autonomes, confiantes et capables de façonner leur propre avenir.
Le projet BRWGA ne se limite pas à enseigner la couture : il cultive la résilience, restaure la dignité et donne à une nouvelle génération de femmes les moyens de devenir des entrepreneures, des aidantes, des leaders communautaires et des actrices du changement positif. Chaque jeune femme qui apprend à confectionner un vêtement tisse également un avenir meilleur pour elle-même, sa famille et sa communauté. Alors que ces 20 jeunes femmes poursuivent leur parcours, elles témoignent avec force que lorsque l’espoir s’allie aux opportunités, les vies sont transformées. Grâce à des partenariats tels qu’AJAN et MAJIS, les graines de la résilience prennent racine au South Sudan, démontrant que même face à l’adversité, l’autonomisation, la dignité et l’espoir peuvent s’épanouir.
Par, Fr. Wanyonyi Eric Simiyu SJ.
Directeur, Multi-Educational and Agricultural Jesuit Institute of South Sudan (MAJIS).


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