À l’occasion de la Journée Mondiale du SIDA de cette année, Action Sociale Chéché, en partenariat avec l’ONG Action for Peace and Women Professional Development, APWPD, a organisé une conférence sur le VIH/SIDA avec pour thème : Jeunesse face au VIH/SIDA : prévention, sensibilisation et prise en main.

La conférence a été organisée pour sensibiliser les jeunes et dissiper certains tabous et idées reçues concernant la pandémie ; et pour appeler à une action collective afin de renforcer diverses stratégies de prévention et d’éliminer les barrières structurelles, avec l’objectif de mettre fin au SIDA en DRC d’ici 2030. Le public cible principal de la conférence était les étudiants de Chéché, mais nous avons également accueilli des élèves visiteurs de l’école voisine, les Missionnaires Xavériens, ainsi que d’autres personnes intéressées et des enseignants des deux écoles. La salle était comble, avec environ 500 personnes présentes. Nous avons été adressés par Dr. Tania Kilapi de la WHO, Bukavu.


La conférence a été divisée en deux parties. La première partie a présenté un aperçu de la différence entre le VIH et le SIDA afin d’aider les jeunes à comprendre qu’il s’agit de deux choses distinctes : le virus (le microbe) et la maladie. Après avoir expliqué le virus et la maladie qu’il provoque, l’oratrice est entrée dans le vif du sujet : comment prévenir, comprendre et gérer le virus.
Pour introduire son sujet, Mme Tania a commencé par les statistiques actuelles de la province du Sud-Kivu : 1,9 % de la population est touchée. C’est une réalité locale. Les jeunes filles sont plus vulnérables que les garçons en raison de la biologie et de la pression sociale. À cela s’ajoute le contexte des conflits en cours : le déplacement et l’insécurité augmentent les risques (violences sexuelles, manque d’accès aux soins de santé).

Dans la première partie de sa présentation, l’oratrice a expliqué la différence entre le Virus de l’Immunodéficience Humaine (VIH, le virus qui attaque le système de défense de l’organisme) et le Syndrome d’Immunodéficience Acquise (SIDA, le stade avancé de la maladie, lorsque le corps ne peut plus se défendre contre les infections). Elle a ensuite parlé des différents liquides qui transmettent le virus, des modes de transmission et de ceux qui ne le font pas, avant d’inciter le public à se faire dépister rapidement et facilement comme unique moyen de connaître leur statut sérologique et de prendre soin d’eux-mêmes et des autres. Elle a également abordé les pièges à éviter : sexe de survie, alcool et drogues, et l’illusion d’une bonne santé. La première partie s’est conclue par des stratégies de prévention.
La deuxième partie a été introduite par la question suivante : Pourquoi les jeunes sont-ils vulnérables ? Les tabous culturels, les inégalités de genre et les facteurs économiques apportent des éléments de réponse à cette question :
- La difficulté de parler de sexualité en famille ou à l’école limite l’accès à des informations vitales sur la santé sexuelle ;
- Les jeunes filles sont biologiquement et socialement plus exposées (violences, mariages précoces, etc.) ;
- La pauvreté peut pousser certains jeunes vers des pratiques à risque ou des relations transactionnelles afin de survivre.


Le médecin a ensuite présenté les moyens de prévention, en mettant davantage l’accent sur la PrEP (médicament préventif pour les personnes exposées), le VMMC, mais surtout sur l’éducation (intégration de l’éducation sexuelle complète dans les écoles et les communautés congolaises).
En contrastant les croyances populaires avec la vérité scientifique, Mme Tania a souligné que le VIH est une réalité, que n’importe qui peut le contracter et qu’il n’est ni une punition divine ni une malédiction. Il est impossible de le détecter à l’œil nu ; une personne peut porter le virus pendant des années sans symptômes, a-t-elle ajouté. Plusieurs mesures doivent être prises pour sensibiliser.
- Former les leaders communautaires, les éducateurs pairs ;
- Accepter et soutenir les personnes vivant avec le VIH et encourager le dépistage ;
- Utiliser la radio, la musique et les réseaux sociaux pour diffuser les bons messages.

Le dépistage reste le véritable et unique moyen de prendre le contrôle. L’oratrice a donc incité et encouragé le public à se faire dépister volontairement afin de connaître leur statut sérologique et de se surveiller, car connaître son statut permet de protéger sa santé et celle de ses partenaires.
Elle a conclu sa conférence en appelant à l’action parmi la jeunesse congolaise avec cette déclaration : Nous sommes la génération sans SIDA. Notre avenir dépend de nos choix d’aujourd’hui. Soyons responsables et unis.

La séance de questions-réponses qui a suivi a été très productive, ouverte et dépourvue de tabous. L’objectif était que nos participants quittent la conférence avec une compréhension claire du VIH/SIDA et deviennent des éducateurs dans leurs communautés. Ils étaient satisfaits, et certains se sont même inscrits pour un dépistage volontaire.
Par, Fr. Cyril Methodius KAZWALA, SJ
Directeur Général, Action Sociale Chéché
Bukavu – DRC


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