Ci-dessus: Akakpo Ghislain SJ., De CIEE-CAR, Mme Felicienne Zongo Ouedraogo de ABE-Burkina Faso, Mme Ornela Emefa de CEL / CCL-Togo, et Ininahazwe Christy SJ., De Yezu Mwiza-Burundi posent avec la bannière de l’événement

«Nous ne sommes pas là pour l’argent ni pour la gloire. Il y a quelque chose de plus grand encore », Père Orobator, SJ

Le 2 février 2021, au début de l’Assemblée de cinq jours du Réseau Jésuite Africain contre le SIDA (AJAN), le Père Agbonkhianmeghe Orobator, S.J., Président de la Conférence des Jésuites d’Afrique et de Madagascar (JCAM), a fait remarquer qu’il était important de prier bien discerner ce que Dieu dit au réseau AJAN en ce moment. En outre, a-t-il ajouté, lorsque Dieu parle, chacun doit être prêt à suivre et exécuté cette volonté. « A quoi est-ce que Dieu nous appelle exactement à faire? Nous appelle-t-il à nous concentrer sur une autre pandémie, par exemple? Il existe de nombreuses pandémies dans le monde aujourd’hui. Le travail sur le VIH et le SIDA est-il terminé ou devons-nous faire plus? », a demandé le Président du JCAM aux différents participants.

Ci-dessus: des membres d’AJAN devant la maison Roussel à Karen, Nairobi -Kenya

Le Père Orobator, S.J. a également encouragé les participants à cette Assemblée à réfléchir et à considérer les 20 ans que les jésuites ont travaillé en Afrique dans la lutte contre le SIDA tout en faisant remarquer qu’aucune de ces années n’a été vaine. Ces encouragements ont été fait au cours de la messe d’ouverture qu’il a présidé, lorsqu’il est notamment revenu dans son homélie sur la présentation de Jésus par ses parents au temple, doublée de la rencontre avec Siméon et Anna que raconte l’Évangile de Luc. Siméon et Anna, les deux vieux prophètes, a affirmé le prédicateur du jour, avaient passé des décennies à attendre les promesses de Dieu à leur égard, pour enfin les voir prendre vie dans l’enfant Jésus présent devant eux. Le père Orobator, a également invité les participants  à cette Assemblée du Réseau Jésuite Africain contre le SIDA, à ne pas perdre espoir simplement parce que leur travail peut s’étendre sur de nombreuses années, mais d’attendre avec impatience la promesse de succès futurs et la réalisation de la vision d’AJAN.

Cependant, a-t-il fait remarquer, le défi posé par le VIH a évolué au fil des années. « En embrassant la volonté de Dieu, nous devons être prêts à être créatifs et à ne pas répéter les mêmes façons de faire les choses et attendre des résultats différents. Quels nouveaux horizons voyons-nous s’ouvrir à nous en tant que Réseau malgré le changement, les limites, la léthargie et la fatigue qui s’installent? ».

Ci-dessous: Une discussion de groupe: Mme Mutinta Mapulanga du Collège St. Igantius, Lusaka-Zambie (veste en cuir), et à droite le P. Patrice Ndayisenga SJ., Centre Urumuri- Kigali, Rwanda, P. Gregory Mulobela SJ., Chukuni Homebased Care – Zambie (chemise blanche), M. Clive Pawakwenyewa de l’IYD-Zimbabwe et le P. Michael Edomobi SJ., De la paroisse Holy Family -Liberia.

Il a également invité les participants de garder à l’esprit les Préférences Apostoliques Universelles de la Compagnie de Jésus (PAU) puisque ce sont elles qui guident le travail des jésuites à travers le monde. « Les PAU ont créé une nouvelle voie. Que signifie être engagé dans le ministère du VIH/SIDA aujourd’hui alors que beaucoup sont marginalisés et que des préoccupations écologiques existent? Nous devons garder cela à l’esprit dans notre discernement. C’est cela que j’ai à offrir à vos réflexions, savoir qu’il faudra des changements de mentalité vers de nouvelles façons de faire les choses. » Marcher avec les exclus: Marcher avec les pauvres, les plus défavorisés et les exclus du monde, ceux dont la dignité a été violée, dans une mission de réconciliation et de justice, etc., Marcher avec les jeunes: accompagner les jeunes dans la création d’un avenir plein d’espoir, sont deux des PAU au cœur du travail d’AJAN. Les PAU donnent un horizon, un point de référence à la Compagnie de Jésus et sont le fruit d’un processus de discernement qui a duré près de deux ans, et qui a réuni tous les jésuites avant une confirmation par le Pape François lors d’une rencontre avec le Père Général Arturo Sosa, SJ.

Ci-dessus: le P. Orobator fait ses remarques de clôture à la fin de l’assemblée de cinq jours, alors que le facilitateur Levi Koyio (chemise dépouillée) et d’autres participants écoutent

La deuxième partie de Jean 10:10 «… Je suis venu pour qu’ils aient la vie et l’aient en abondance», inspire le travail d’AJAN en tant qu’organisation jésuite. Le Réseau existe pour éclairer et donner aux jeunes africains les moyens de rester à l’abri du VIH/SIDA et d’utiliser le don de la vie pour vivre de manière résolue. Luc 4:17 «… Il m’a envoyé proclamer la liberté aux prisonniers et le rétablissement de la vue pour les aveugles, pour libérer les opprimés…», encourage également la mission des jésuites à travers le monde.

Pour souligner ce point galvanisant, le Père Orobator a partagé avec l’Assemblée l’histoire de sa vocation, venant d’un milieu d’ignorant Dieu vers une vie consacrée au service de Dieu. « Là où j’en suis aujourd’hui, c’est parce que Dieu me conduisait. C’est un voyage, un chemin de conversion. C’est cela que fait Dieu. Je dois être plus attentif à ce que fait Dieu. Attendons-nous à ce que Dieu fasse ce qu’il fait de mieux. N’oublions pas que nous ne sommes pas là pour la gloire et l’argent. Il y a quelque chose de plus », a encore conseillé le Président du JCAM aux membres de l’Assemblée d’AJAN.

Ci-dessous: le P. Matambura a une conversation avec Sr. Mary Owens de Nyumbani, comme le P. Gregory Mulobela de Chukuni Homebased Care passe devant

Le père Ismael Matambura, S.J., Directeur d’AJAN et hôte de l’Assemblée, a pour sa part expliqué l’importance, les objectifs de cette Assemblée et la nécessité pour elle de revoir le travail qu’AJAN a déjà accompli afin de mieux planifier l’avenir. Ceci, en écoutant les signes du temps aujourd’hui, en puisant dans les Préférences Apostoliques Universelles (PAU) de la Compagnie de Jésus, les défis liés au COVID-19, les objectifs de développement durable des Nations Unies et les priorités mondiales en matière de santé publique. Il a remercié tous les participants à cette Assemblée d’avoir pris le temps d’y participer avec le risque que le voyage implique aujourd’hui. Il a donné un aperçu du travail et des progrès du Réseau AJAN depuis sa formation en 2002. De plus, il a présenté aux participants la progression d’AJAN au fil de temps examinant les réalisations et les défis majeurs.

Mme Pascalia Sergon, responsable du renforcement des capacités d’AJAN, a quant à elle présenté une vidéo retraçant les faits saillants de cette progression.

Les deux premiers jours ont ainsi été consacrés à la formation des Directeurs et des Coordinateurs de projets d’AJAN pour améliorer leur leadership de mise en œuvre des projets. Au cours de cette formation, des consultants de diverses spécialités ont aidé les participants à s’imprégner des nouvelles façons de faire de l’heure.

Ci-dessous: Mme Samantha Waki ​​- la formatrice principale s’entretient avec Fernando C. Saldivar SJ. -Global Policy, and Advocacy JENA, et le P. Jean-Baptiste Anyeh Zamcho Socius au Président de la JCAM et Supérieur de la Communauté Saint-Ignace – AFRICAMA, lors du dîner de clôture tenu à Roussel House – Karen

Tendances mondiales du VIH/SIDA et Autres problèmes de santé – Mme Lilian Okoth

 Mme Lilian Okoth, de Pathfinder International, spécialiste des programmes de lutte contre le VIH/ SIDA, a de son côté présenté les tendances mondiales du VIH/ SIDA et d’autres problèmes de santé. Elle a mis les participants au défi de la nécessité d’avoir un objectif commun et des problèmes liés à l’engagement des communautés afin que les efforts de plaidoyer puissent être transformés en politiques. Elle a également souligné l’importance de la prise de décision en collaboration. Au cours de cette session, Mme Okoth a épinglé des défis auxquels est confronté AJAN, entre autre la corruption et les politiques publiques qui limitent l’implication de l’Église dans le plaidoyer contre le VIH/SIDA. En outre, les questions qui contribuent à accroitre la vulnérabilité des jeunes à l’infection à VIH ainsi que la gestion et la prévention du VIH ont été étudiées. Les difficultés liées à la diminution de l’appui et de l’attention du monde aux questions de VIH/SIDA ainsi que la nécessité d’une plus grande autonomie de la part des groupes de défense tels que AJAN, ont également été abordées.

Ci-dessus: une séance de formation

Le Coaching en leadership développe des organisations durables – Mme Eileen Laskar

Ensuite, Mme Eileen Laskar, Responsable en Coaching et Leadership chez CDI-Africa, a abordé une nouvelle approche de la formation au leadership que les organisations utilisent pour former des leaders de leurs rangs et qui pourrait être bénéfique à AJAN. Cette approche met l’accent sur le coaching en tant que modèle, plutôt que le modèle traditionnel de mentorat où le mentor transfère simplement ses idées et son expérience au sujet du mentorat. «Le coaching consiste à tirer, exploiter le potentiel interne du coaché en demandant et pas en lui disant quoi faire. Cela multiplie, developpe l’intelligence et ouvre la voie à des améliorations », a déclaré Mme Laskar. Elle a démontré comment le coaching crée de meilleures relations entre les gestionnaires et les employés et stimule la fidélité et la rétention. De plus, le coaching soutient une culture de haute performance en adoucissant les changements de direction, en améliorant les lignes de communication et en surmontant les hiérarchies de bureau qui étouffent la croissance et la productivité.

Ci-dessous: le P. Charles Chilufya SJ., Directeur de l’apostolat social de la JCAM avec le P. Ismael Matambura SJ., Et le P. Gregory Mulobela SJ.

Suivi et évaluation: une activité continue dans la gestion – Leah  Mwangi

Mme Leah Mwangi, consultante en suivi et évaluation, a dans sa présentation, apporté son expertise aux Directeurs de centres sociaux et Coordinateurs de projets «le suivi et l’évaluation doivent être une activité de gestion continue dans une organisation», a-t-elle expliqué. Des réunions régulières, des visites de suivi du travail sur terrain et un bon et régulier classement de données sont essentiels pour une mise en œuvre pratique des projets. Elle a davantage éclairé l’assemblée sur le processus de mesure des progrès dans l’exécution des projets.

Below: From right to left- Ms. Samantha Waki, Sr. Rose Macharia of Mercy Education of Office who collaborate with AJAN, Ms. Pascalia Sergon AJAN Capacity Building Officer, and Fr. Ismael Matambura- Director of AJAN. 

Un esprit commercial est utile dans la gestion des organisations – Mme Samantha Waki.

Mme Samantha Waki, consultante principale chez Righteous Oaks à Nairobi, a quant à elle décrit les domaines dans lesquels avoir un esprit d’entreprise est utile pour les œuvres sociales telles que AJAN. Voici quelques façons utiles de «penser comme une entreprise»: 1) avoir une compréhension claire des avantages offerts par votre organisation; 2) identifier qui sont vos principaux bénéficiaires; 3) analyser votre concurrence, se demander qui offre un service ou un produit similaire; 4) croire en votre mission en tant qu’organisation et être capable d’articuler son travail en un énoncé clé.

Mme Waki ​​a aussi fourni plusieurs outils qui peuvent être utilisés pour évaluer ces éléments importants. Ces outils ont ensuite été discutés en petits groupes et lors de différentes présentations des centres qui ont suivi.

À la fin de la journée, les participants ont été renforcé sur comment regarder les forces et les faiblesses de leur organisation d’une nouvelle manière ; ils ont été encouragé appliquer ce qu’ils avaient appris pour faire face aux défis auxquels ils sont confrontés. Ils ont également appris de nouvelles manières d’évaluer les priorités pour assurer l’efficacité dans leur travail. «Un esprit d’entreprise est utile parce que certains d’entre vous dirigent des hôpitaux et d’autres établissements générateurs de revenus. En outre, l’esprit d’entreprise garantit que les objectifs sont atteints et que le gaspillage de temps et de ressources est considérablement réduit », a déclaré le facilitateur Samantha.

Au cours des deux jours de formation, les questions des participants ont été les bienvenues, faisant de toute la session un processus véritablement participatif.

Ci-dessous: M. Johnfisher Ondigo, enseignant à St. Aloysius Gonzaga Sec. Sch. Nairobi, et formateur chevronné du programme AJAN HIV AIDS Prevention Program for Youth (AHAPPY).

Examen du Plan stratégique actuel et processus de l’élaboration du plan 2021-2025

 Les trois jours qui ont suivi ont été intenses car ils ont impliqué le processus le plus important pour l’Assemblée à savoir la révision du plan stratégique passé d’AJAN. Les facilitateurs de cette session étaient le Docteur Levi Koiyo de l’Université de Nairobi, le Docteur Solomon Okumu de l’Université catholique et Mme Samantha Waki. Tout d’abord, l’équipe a été conduite à travers une évaluation du dernier plan stratégique d’AJAN par les modérateurs. Les membres ont évalué le travail du Réseau au cours des cinq dernières années, reconnaissant les avancées, les défis rencontrés et les leçons apprises. Une analyse de la situation – une évaluation critique des conditions internes et externes affectant le travail d’AJAN – a été effectuée par le biais de groupes où des présentations ont été faites et les informations ont été rassemblées. De plus, l’équipe a fait une «vision» où elle a projeté sa mission commune dans l’avenir.

Le mandat d’AJAN – faciliter et coordonner les efforts des jésuites dans la lutte contre le VIH et le SIDA en Afrique à travers le réseautage, la communication, le renforcement des capacités, le plaidoyer, la mobilisation de ressources et la collecte de fonds – a été le point focal même si les participants ont également délibéré sur l’opportunité d’apporter des modifications à la mission et à la vision d’AJAN. D’autres activités en carrefours ont également occupé le devant de la scène lorsque les participants ont injecté leurs connaissances, leurs expériences et leurs idées sur la question. La  question était de comprendre les besoins/lacunes qui existent, comment avoir un plus grand impact, et comment tirer profit de l’expertise au sein des jésuites et des partenaires.

Ci-dessus: Mme Lilian Waweru – Aumônier de la prison catholique, diocèse de Nyahururu – Kenya, partage des idées avec le P. Orobator

Un chronogramme a été ensuite créé où il est clairement indiqué comment le nouveau plan stratégique sera conçu. Dans deux semaines, un avant-projet de proposition sera prêt et mis à la disposition des participants pour donner leurs avis et considérations, puis un projet sera prêt pour approbation.

Le moyeu et les rayons

À l’issue de cette Assemblée de cinq jours, le Père Orobator a utilisé l’image du moyeu et des rayons d’une roue à vélo pour expliquer la nécessité pour le réseau de travailler ensemble pour atteindre les objectifs. «La roue ne peut pas fonctionner si les rayons ne sont pas en bon état. Le centre ne serait pas utile. Ils travaillent ensemble pour rendre le mouvement possible. Voilà comment un réseau efficace devrait fonctionner.» Avec cette sagesse, le Père Orobator a souhaité bonne chance à tous les participants et a béni leurs voyages alors qu’ils se préparer à rentrer chacun à son lieu de travail, inspirés par le temps qu’ils avaient passé ensemble à l’Assemblée AJAN 2021. Rappelons enfin que le vélo est le mode de transport préféré du Père Agbonkhianmeghe Orobator, S.J.

Ci-dessous: Caleb Mwamisi et Fernando Saldivar SJ.

Article par Caleb Mwamisi AJAN Chargée de communication et de recherche

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