« Acquisition des tests et protection du personnel de santé », un choix stratégique.

Depuis quelques mois, le monde connaît une crise sanitaire virulente, due au Covid-19. L’Afrique n’est pas immunisée comme le croyaient ou le croient encore certains citoyens peu avertis ou jouant à l’idiot.

La propagation du virus est désormais effective dans tous les pays. Le Tchad a enregistré au courant du mois de mars ses premiers cas. Aussitôt le gouvernement a initié des mesures visant à freiner la propagation, notamment en réduisant au maximum les interactions, et en renforçant le dispositif d’hygiène. Les frontières, les églises et les mosquées, les établissements scolaires, ont aussitôt été fermés comme partout ailleurs dans les autres pays où la crise bat son plein. La tendance générale au confinement des personnes qui jusqu’ici semble le moindre mal est une option très plausible aussi pour le Tchad ; mais cela nécessite un certain nombre de mesures d’accompagnement sans lesquelles les populations, surtout les plus pauvres subiraient grièvement le poids de la mesure.

Lors de son allocution du 12 avril dernier, le Président annonçait un certain nombre de mesures dont il convient de saluer l’initiative, afin de permettre aussi aux moins nantis de notre société, de pouvoir survivre en ce temps de crise car  « …il est de la responsabilité de l’Etat d’apporter un soutien convenable et d’offrir un accompagnement efficient à nos populations tout comme nos entreprises qui traversent un moment éprouvant sur les plans socio-économiques ». La prise en charge par l’Etat des factures d’eau et d’électricité pour les usagers domestiques (les ménages) pendant 6 et 3 mois respectivement. L’exonération des droits de douanes et taxes sur les produits et matériels médicaux sont là quelques-unes de ces mesures d’accompagnement, qui constituent un gage de survie en ce temps tumultueux.

Au niveau du CHU Bon Samaritain…

Dès l’annonce des 1ers cas, nous avons aussitôt pris la mesure de la gravité et des risques aussi bien sanitaires qu’économiques de cette pandémie, qui jusqu’ici était encore vue de loin. Dès l’annonce des premiers cas, les résolutions ce sont faites plus pressantes, partant du renforcement du dispositif d’hygiène, à la limitation de la fréquentation de l’hôpital — par un nombre habituellement et anormalement pléthorique de garde-malades et de visiteurs — en passant par des réunions d’information et de réflexion avec tous les membres du personnel. Les cours et les examens ont été suspendus aussi bien à la faculté de médecine qu’à l’école de santé. Un comité scientifique et un collège de 7 médecins ont été constitués pour  anticiper sur les questions de détection des cas suspects et de prise en charge éventuelle; le directeur médical du CHU-BS fait partie de l’unité de prise en charge du Covid-19 mise sur pied par le ministère de la santé publique.

Le soutien des partenaires compte beaucoup

Avec l’aide de l’Université de Lleida en Espagne, un poste de tri des patients a été aménagé à l’entrée de l’hôpital afin de détecter des éventuels cas suspects. Grâce à l’appui de la fondation Recover en Espagne, nous avons mis en place une unité de production de solution hydro alcoolique ; nous comptons produire à terme 400 litres de solution hydro alcoolique. Toutefois, cette quantité équivaut simplement à une utilisation strictement interne à disposition du personnel pour une durée de 2 mois maximum. Nous avons également obtenu des dons de certains partenaires en ce qui concerne le renforcement des mesures barrières contre la propagation du virus ; il s’agit entre autre des gels hydro alcooliques reçus des Brasseries du Tchad, des masques faciaux reçus de la Nonciature Apostolique, du savons et des seaux pour le lavage des mains reçus de plusieurs Associations de jeunes tchadiens.

La protection du personnel de santé, un choix stratégique pour le CHU-BS…

Le risque sanitaire et économique que présente la propagation du virus est énorme. Les personnels de santé sont très exposés (à l’hôpital comme au quartier) ; ces derniers constituent de fait la cheville ouvrière de l’ensemble du système de santé du pays. Si nous ne renforçons pas leur protection, nous assisterons à l’effondrement total du système sanitaire. A une petite échelle qui est la nôtre, cela signifie concrètement que si du jour au lendemain un membre du personnel est infecté, c’est tout l’hôpital qui sera mis en quarantaine, et donc fermera ses portes.

Dès lors, la lutte actuelle ne saurait s’arrêter au niveau de la prévention, mais il est temps de songer dès à présent à intensifier notre réponse stratégique. Concrètement, il est urgent d’accélérer le processus d’acquisition des tests ainsi que les équipements de protection individuelle en quantité. Le projet d’acquisition du laboratoire covid-19 est une nécessité absolue pour le CHU Bon Samaritain, ce d’autant plus que le pays n’en dispose que d’un seul et avec une quantité de tests très insuffisante au regard de la population. Pourtant, le dépistage n’est que le point zéro de la prise en charge.

Jean Pierre Ongolo,

Chargé de Projet et de communication-CHU-Bon Samaritain N’Djaména-Tchad

 

 

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